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samedi, 24 juillet 2010 09:36

Rendre le sujet de surpopulation accessible

Roxane Rakic, psychologue

Le problème de la surpopulation est souvent traité d'un point de vue économique, alimentaire ou écologique. À ce jour, cela reste encore un sujet qui est difficile à expliquer à l'Homme, bien que plusieurs individus commencent à s'en inquiéter de plus en plus.

Or il leur manque encore le courage d'exprimer leurs inquiétudes à haute voix. Il est important de comprendre les raisons de ce manque de courage chez ces personnes.
Cet article traitera des différentes approches portant sur les raisons qui rendent le sujet difficile à aborder. La différence entre la liberté et l'autonomie, les pouvoirs politique et économique et le comportement de l'être humain influencé par les comportements innés et l'entourage.

La liberté et l'autonomie
Les thèmes « le nombre de personnes sur la planète » ou « la surpopulation» restent difficiles à aborder. Cela peut être dû aux valeurs et aux droits fondamentaux de l'Homme, tels que la liberté et le droit à l'autonomie, liés à ce sujet. Ces valeurs et leur expression sont interprétées de façon différente par différents pays. L'importance du mot « liberté » prend un sens différent dans les pays riches que dans les pays pauvres. Dans les pays riches, principalement dans les pays occidentaux, le citoyen se sent « libre » lorsqu'il a assez de temps pour lui, peut s'exprimer et évoluer et a le droit de choisir d’avoir des enfants ou non. En effet, les enfants sont désirés et souhaités lorsque les parents ont le droit de choisir d’en avoir ou non. En général, cela permet aux futurs parents de bien réfléchir avant d'en avoir. Compte tenu de l'importance et de la valeur que nous donnons à la liberté et à l'autonomie dans les pays riches, il est peut-être plus difficile d'imposer à l'avance le nombre d'enfants à avoir.

Le rôle de la famille
Dans les pays riches, la famille ne joue plus un rôle biologique : reproduction de l'espèce humaine. Elle ne joue également plus un rôle économique : les enfants aident à gagner de l'argent pour la famille. Et finalement, la famille ne joue plus un rôle religieux : transmettre la religion. Aujourd'hui, l'aspect affectif est le rôle principal de la famille : profiter de ses enfants et les aimer. Dans les pays riches, nous cherchons du plaisir en ayant des enfants. Nous voulons les voir grandir, les aidons à l'école et leur offrons l'opportunité d'aller à un club de sport et de suivre des cours de musique.
Dans les pays pauvres, la liberté et l'autonomie ne sont pas vécues de la même façon d'après notre perception. Beaucoup de femmes n'ont pas la liberté de choisir leur époux et le nombre d'enfants qu'elles veulent avoir. Les aspects biologique, économique et religieux sont tous des rôles que la famille joue dans ces pays. Les populations de ces pays continuent à avoir plusieurs enfants malgré le fait qu'ils ne peuvent pas répondre à leurs besoins en matière de nourriture, de scolarisation et d'avenir, et que de nombreux pays sont ravagés par les guerres civiles.
Cela se manifeste par l'arrivée massive d'immigrants provenant des pays plus pauvres dans les pays riches. Pour la plupart des personnes d'origine étrangère, la famille joue un rôle biologique, économique ou religieux. Cela s'oppose aux valeurs et aux normes de la culture des pays riches. Le taux de naissance chez les personnes d'origine étrangère est plus élevé que celui de la population autochtone. En allant chercher un ou une partenaire de leurs pays d'origine, ils conservent leur système alors qu'ils vivent dans un pays riche. Il n'y a en quelque sorte aucune réciprocité. Entre-temps, leur nombre augmente plus rapidement par rapport à la population autochtone.

La sexualité
L'autre aspect portant sur les notions de liberté et d'autonomie est celui de la sexualité. Le premier rôle de la sexualité est de se reproduire. La signification de la sexualité et de la reproduction diffère d'un pays à l'autre. Dans les pays pauvres, elle signifie toujours la reproduction. Si la politique internationale prend des mesures pour inciter les populations de ces pays à avoir moins d'enfants, un sentiment de peur de ne plus exister en tant que peuple se manifestera chez la population. Il s'agit peut-être même d'une sorte de concurrence entre les peuples de devenir plus nombreux et de craindre que l'un domine l'autre. Par conséquent, les résultats ne sont pas forcément au rendez-vous, et les populations des pays pauvres chercheront à avoir encore plus d'enfants.
Dans les pays riches, la sexualité représente le plaisir, le développement de l'identité et de l'accomplissement individuel. Dans les pays développés, le fait d'avoir des enfants et de planifier leur naissance est considéré comme un droit acquis. « Rester sans enfants » est considéré comme un défaut qui doit être corrigé à l'aide d'une intervention médicale telle que la fécondation in vitro. « Avoir des enfants » signifie l'appartenance et la condition sociale. On trouve cela très important et on se sent sensible aux jugements des autres (« Tu n'as pas d'enfants ? Et pourquoi ? »). Les personnes qui ont choisi de ne pas avoir d'enfant doivent en quelque sorte justifier leur choix, alors que le choix d'avoir des enfants et ses conséquences sont en effet beaucoup plus lourds à supporter. Et ce choix est souvent considéré comme une évidence. Les populations des pays riches peuvent interpréter les mesures d'incitation en faveur de la réduction du nombre de la population comme une violation de la liberté pour laquelle ils se sont durement battus. C’est trop proche de la réalité. En outre, leur intimité et leur plaisir sont menacés.
Cela a un rapport avec la façon dont nous voulons être perçus en tant qu'être humain. Cela a un rapport avec notre condition sociale : moi en tant que mère d'une famille, par exemple. Car c'est seulement à ce moment que je suis acceptée. Et la façon dont nous percevons les autres : par exemple, « cela doit être ennuyeux pour vous de ne pas pouvoir avoir d'enfants ». Ce doit être un défaut. Prendre des mesures dans le domaine de la sécurité ou de la circulation routière est bien accepté. Cela ne touche pas l'intimité de l'être humain.

Les pouvoirs
« Il faut se reproduire ». Ce message peut provenir de l'aspect politique, économique ou religieux. Autrefois, les prolétaires avaient le pouvoir de décider du nombre d'enfants à avoir. Ceaucescu a voulu gouverner 25 millions de personnes et les a obligées à avoir des enfants, alors que la population vivait dans des conditions lamentables. Gouverner un pays ayant une grande population signifie plus d'influence à l'échelle (inter)nationale et donc plus de pouvoir.
Les grandes multinationales profitent également d’une population en grand nombre. Plus de main-d'œuvre travaillant pour eux dans les pays pauvres veut dire qu’elles gagneront plus d'argent et qu’elles auront plus de pouvoir. La baisse de la population signifie pour elles la perte de la croissance et du pouvoir.
Les organisations de secours occidentales font leur possible pour distribuer et faciliter l'obtention des moyens de contraception dans les pays pauvres. Cependant, le pape visite ces pays et incite la population à se reproduire, chose que ces populations font déjà. Les moyens de contraception sont nouveaux et poussent à poser plusieurs questions. Le maintien de l'ancien comportement est évident. Certainement s'il est également récompensé à nouveau. Ces exemples représentent une forme de résistance collective lorsque l'on aborde le sujet de la surpopulation.

Le comportement humain : l'inné et l'acquis
Le comportement humain est guidé par les valeurs. Dans notre vie, il s'agit de valeurs auxquelles nous apportons plus d'importance telles que la liberté, le fait d'être accepté, le respect, l'estime, la reconnaissance et le développement de l'identité. Lorsque de nombreux individus trouvent qu'une valeur est importante, elle est considérée comme une norme. Nous créons donc les règles pour manifester cette valeur. Ensuite, les individus s'attachent à cette norme ou se sentent obligés de la respecter.
Dans le cas de la reproduction, on peut dire que les individus sont dirigés par des valeurs et considèrent donc qu'ils font quelque chose de bien en ayant des enfants. Beaucoup de personnes pensent cela. La norme est : avoir des enfants est quelque chose de bien. Soumettre ce sujet à la discussion est en quelque sorte un tabou. On contredit la norme. Cela conduit à la résistance ou au conflit. Les individus ne veulent pas ça.
Les individus réagissent rapidement de manière émotionnelle et pensent que ceux qui veulent simplement discuter de cette norme sont contre celle-ci. Ensuite, l'idée « Vous êtes contre » évolue jusqu'à « Quel raciste », par exemple, car les racistes sont des gens mauvais. Apparemment, il est très difficile pour les individus d'écouter d'abord ce que l'autre veut dire exactement lorsque ce dernier essaye de mettre le sujet sur la table. Cette tentative réussit rarement. Les individus veulent défendre et protéger leurs valeurs et leurs normes. Ces dernières font partie de leur identité. Ils ne veulent pas les perdre. Cela se traduit par une situation d'attaque et de défense. Cela ne favorise pas une discussion profonde sur le sujet. La tendance est donc d'abandonner le sujet.

Cette façon de penser concorde avec l'acceptation, l'estime et la reconnaissance de ces valeurs. Les politiciens cherchent toujours à être appréciés. En prenant position contre ces valeurs, ils risquent de ne pas être appréciés. Les politiciens veulent gagner le plus de voix possible pour leurs partis. Ce qui explique leur silence vis-à-vis du sujet de la surpopulation. Aussi, dire « non » à l'immigration fait penser qu'« on est mal perçu par les autres ». Les individus ne veulent pas prendre ce risque. Il n'est pas simple de savoir si la nation trouve qu'effectivement le politicien n'est pas gentil ou si elle le vénérera uniquement grâce à sa position vis-à-vis du sujet de la surpopulation.
Les individus se laissent influencer par leur entourage et apprennent de leurs expériences. Les individus apprennent surtout lorsqu'ils sont confrontés à leurs propres expériences. Le fait de penser à l'avance et de se préparer à cette confrontation n'apporte pas les résultats d'une réelle confrontation. Les individus vivent le moment présent. Actuellement, la plupart des individus ne subissent pas encore directement les conséquences de la surpopulation ou ils ne sont pas conscients de la cause de leurs stress, embouteillages, temps d'attente, etc. Lorsque les individus rencontrent des problèmes à cause de la surpopulation, ils déménagent vers un territoire où il y a moins d'habitants, vers des communes périphériques ou émigrent à l'étranger.
Si les mesures nécessaires pour la surpopulation sont prises aujourd'hui, elles commenceront à porter leurs fruits dans une vingtaine d'années. Pour la plupart des individus, cela est trop long.   Tant que les individus ne manquent pas de nourriture et d'eau, peuvent prendre leur douche chaque jour et possèdent une maison en bon état, ils ne changeront pas d'avis. Le problème n'intéresse personne, car il ne touche personne directement. Les gens préfèrent penser à leur vie à court terme. Ils pensent que la vie doit rester toujours facile, amusante, agréable, sans malheur, etc. Les individus ne s'investissent pas dans les activités qui ont justement des effets à long terme telles que : s'habiller avec modestie, consommer moins d'eau, vivre de façon moins luxueuse, etc. Le problème est que personne ne prendra l'initiative de faire cela tant que les autres ne font pas la même chose. « Pourquoi devrais-je consommer moins alors que mon action n'a aucun effet sur la vie quotidienne et que mon voisin ne fait pas ça non plus ? Ça changera quoi si je consomme moins d'eau alors que l'industrie continue ? ». En outre, les produits alimentaires provenant de l'agriculture biologique sont beaucoup plus chers. Sur ce point, la majorité des individus n'ont pas le choix. Seuls les individus qui ont des principes veulent encore y contribuer. Ils comprennent bien qu'ils investissent leur argent pour l'environnement.
L'Homme remarquera très vite les conséquences indirectes : embouteillages, effondrement du sol, pollution, etc. Toutefois, beaucoup d'individus sont idéalistes en pensant que l'Homme en tant qu'être vivant trouvera une solution et s'adaptera avec le temps. « Nous connaissons très bien la technique. La prochaine génération trouvera la solution ». Tant que seuls les symptômes sont résolus et non la cause elle-même, aucun progrès ne pourra être accompli.
L'Homme (occidental) possède une croyance absolue en la puissance de sa volonté. Une croyance en la puissance de sa société en général et de l'Homme en particulier. Il ne peut pas accepter qu'un jour la croissance atteigne sa limite. Tout va encore bien ? Lorsqu'une catastrophe naturelle se produit telle qu'une immense inondation ou lorsque le sida fait un grand nombre de victimes, à ce moment-là seulement, certains commencent à éprouver du mécontentement, mais la faute est très rapidement rejetée sur les services de secours qui ne combattent réellement que les symptômes. Pourquoi le sida existe-t-il et pourquoi les inondations se produisent-elles ? Les individus ne voient pas rapidement la relation entre ces problèmes et le nombre de personnes sur la planète. Les individus n'acceptent pas souvent l'idée que la nature se manifesterait par ces événements en raison du trop grand nombre de la population.

Un long chemin à suivre
Le chemin à suivre sera long avant de comprendre que le nombre de personnes sur la planète est la cause principale de nombreux problèmes et que non seulement la nature, mais aussi l'Homme, en subissent des conséquences. Il est extrêmement important que des preuves scientifiques soient disponibles et accessibles à tout le monde. En outre, il est important que le problème de la surpopulation soit présenté de façon à ce qu'il devienne une réelle préoccupation pour les individus. Une préoccupation pour nous-mêmes, pour la nature et pour les générations à venir. Rechercher et réaliser ce type de dialogue international donneront plus de résultats qu'un débat et que d'imposer les mesures ci-dessus.

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