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samedi, 13 novembre 2010 16:30

Les aspects psychologiques du probleme de la surpopulation

Albert J. M. Wessendorp, psychologue-psychothérapeute

Le problème de surpopulation et la diminution du nombre d'habitants que nous, en tant que fondation, jugeons nécessaire, semblent ne pas trop préoccuper les autres aux Pays-Bas.

Si nous comprenons les raisons pour lesquelles plusieurs personnes pensent que le problème ne nécessite pas d'être mis à l'agenda politique, nous pourrons facilement développer des arguments pour défendre notre point de vue.

Les types d'arguments
En discutant de l'idée que notre pays est surpeuplé, on peut entendre un grand nombre d'arguments. Pour mieux comprendre, nous allons distinguer deux groupes d'arguments. Le classement concorde légèrement avec la distinction entre la prospérité et le bien-être.

Le premier groupe d'arguments représente les considérations liées directement à notre survie en tant qu'êtres vivants. En effet, il s'agit de se poser des questions sur l'insuffisance des ressources naturelles telles que la nourriture, l'eau, l'air pur et l'énergie, aujourd’hui et à l'avenir. Cela a un lien avec les besoins primaires selon la hiérarchie de Maslow1. Selon Maslow, les individus sont motivés par un certain nombre de besoins fondamentaux. En plus des besoins primaires tels que la nourriture, le sommeil, le sexe et la sécurité, Abraham Maslow distingue dans sa pyramide d'autres besoins : l'amour, l'estime des autres et l'estime de soi. Il parle d'une hiérarchie, car un autre besoin ne cherche seulement la satisfaction que si les besoins primaires sont satisfaits.

Dans le deuxième groupe, on distingue les arguments liés au fait que les Pays-Bas sont surpeuplés. Cela restreint la liberté de bouger, la liberté personnelle et la liberté de décider. D'après Maslow, il s'agit principalement des autres besoins pouvant frustrer les individus.

Les besoins primaires sont faciles à évaluer, car les données sont objectives3, tandis que les autres besoins sont difficiles à évaluer. Ces derniers, nous les exprimons selon ce que nous ressentons (subjectif) : « Je me sens gêné par tant de gens autour de moi, j'ai besoin d'un endroit tranquille ». D'autres personnes sont complètement opposées à cela : « J'adore la ville, je déteste le calme ».

Il est important de signaler que la raison pour laquelle plusieurs personnes ne s'inquiètent pas du problème de surpopulation aux Pays-Bas est que cela ne les intéresse pas. Ça ne les dérange pas. Ils n'ont pas besoin de s'inquiéter des éventuels problèmes de ressources alimentaires ou de l'environnement, ce qui est un argument convaincant. Si cela n'affecte pas leur liberté de mouvement et personnelle (autres besoins), ils ne réagiront pas.

Il existe une nombreuse littérature sur les besoins primaires (le Club de Rome). Cependant, il n'existe pas de sources connues concernant l'effet de la forte densité de population sur l'Homme. Il est donc utile de se concentrer sur ce point. Nous devons essayer de construire une base objective afin de pouvoir dépasser la subjectivité de ces besoins afin de les évaluer, de façon à ce que nous puissions mieux nous battre pour que les mesures nécessaires soient prises.

La surpopulation chez les animaux
Il y a plusieurs années, John B. Calhoun2 a effectué une expérience intéressante sur les rats. Il voulait comprendre l'effet de la croissance d'une population de rats sur leur comportement social. L'augmentation du nombre de rats a eu lieu dans un espace restreint et stable. Lorsque le nombre de rats dépasse une certaine limite, les effets ont été dramatiques. Les rats femelles ont montré des dysfonctionnements de comportement. Les gestations se terminaient de façon prématurée et plusieurs rats femelles, qui, dans des conditions normales, étaient aptes à procréer, sont décédés. Les rats femelles qui ont survécu ont montré une insuffisance dans leurs fonctions maternelles. Les mâles ont commencé à montrer un comportement sexuellement divergent et du cannibalisme. Certains ont été plus actifs que la normale, les autres se sont retirés. Une sorte d'attachement social fort (pathologique) a été constaté, ce qui a déréglé les autres modèles de comportement normaux tels que le fait de construire les nids et de s'occuper des jeunes rats. Chez certains groupes, le taux de mortalité des bébés rats était de 96 %.
En outre, il est connu que les rats ne sont pas les seules espèces qui prennent des mesures pour diminuer le nombre de la population, si nécessaire, mais aussi d'autres espèces. L'exemple le plus significatif est celui des suicides collectifs de baleines.

La question qui se pose maintenant porte sur la différence entre la réaction des animaux vivant dans un territoire surpeuplé et la réaction des êtres humains. Est-ce que les êtres humains ont un territoire ? Peut-on vivre aux Pays-Bas avec 30 millions d'habitants sans que les individus en aient assez ? Quelle serait la situation ?

La surpopulation chez les êtres humains
Il semble que les conséquences de la surpopulation se manifestent différemment chez les êtres humains que chez les animaux. Une étude sur les effets de massification (crowding) et sur la relation entre la présence d'un grand nombre de personnes en tant que facteur de stress social et leur santé est en cours de réalisation. Jusqu'à présent, l'étude n'a pas permis d'obtenir des résultats spectaculaires.
Aussi, la Nationale Monitor Geestelijke Gezondheid (rapport annuel de 2002) fournit peu de littérature utile. En général, il est connu que l'espérance de vie chez les individus dans les quartiers défavorisés des grandes villes est plus faible. Toutefois, le nombre d'individus ne peut pas être considéré comme le seul facteur. Il existe d'autres facteurs responsables de ce phénomène. En revanche, les habitants des grandes villes semblent plus souvent souffrir de dépression par rapport aux individus vivant dans des zones rurales, mais la question se pose de savoir si cela a un lien avec la densité de la population.

L'idée est que lorsqu’un certain nombre de personnes se trouvent sur un territoire particulier, tous les processus régulateurs (qui luttent contre les conséquences éventuelles de la croissance démographique) interviennent. L'existence de la fondation « Club van Tien Miljoen » en est un exemple. Des processus moins réfléchis et régulateurs peuvent également intervenir. Grâce aux soins médicaux, les individus, qui seraient déjà décédés dans des conditions moins favorables, restent en vie. La nature régulatrice aurait pu s'occuper du surplus de population si ces soins médicaux n'existaient pas. Les maladies telles que le sida, la pneumonie atypique, le cancer, le diabète et l'asthme, ainsi que le TDA/H, la dépression, l'éthylisme, etc. font partie de la nature régulatrice. Voici un exemple sur les régulateurs.
La frustration due à la forte densité démographique peut se manifester par l'agression mutuelle et peut, dans certains cas, conduire à des meurtres et à des suicides. Plus le nombre de personnes frustrées est élevé, plus élevé sera le nombre d'incidences avec des cas mortels. Il existe un sentiment selon lequel lorsqu'un pays devient surpeuplé, certains individus émigrent à l'étranger. L'immigration vers le nouveau continent américain en est un exemple. Ce qui est probable, c’est que lorsque la population d'un pays est plus nombreuse, la frustration et l'agression mutuelles s'exportent dans les pays voisins et se manifestent comme un besoin d'expansion et de faire la guerre. De toute façon, les êtres humains semblent réagir différemment par rapport aux animaux quant à l'augmentation de leur nombre.

La différence entre l'être humain et l'animal
Contrairement à l'animal, l'être humain a la capacité de penser pour soi-même. Grâce à sa grande imagination, il peut voyager dans le passé ou dans l'avenir. Et étant donné que l'Homme possède également un raisonnement, il est capable d'agir de manière méthodique. On pourrait dire que l'Homme a créé son propre monde extérieur à l'aide de son imagination (monde intérieur) afin d'améliorer ses chances de survie. En tant qu'espèce, l'être humain a fait cela parfaitement, car il a moins dépendu de son environnement direct. L'écureuil ne peut pas importer ses noix de l'étranger, par exemple, chose que l'Homme fait pour sa nourriture.
De cette façon, l'Homme peut s'adapter plus facilement au stress que l'animal. En outre, l'Homme maîtrise l'art de survivre en ignorant les impulsions extérieures ou intérieures indésirables ou en leur donnant une signification différente et souhaitable. Ce phénomène est connu sous les termes d’« utilisation des mécanismes de défense ».

Contrairement à l'animal, l'être humain a besoin de plus de temps pour devenir un individu relativement indépendant. Sa maturation physique et son évolution mentale dépendent parfaitement l'une de l'autre. Pour leur succès, ses deux dernières dépendent de sa construction biologique et de l'environnement de l'être humain pendant son évolution. Certains êtres humains maîtrisent l'art de gérer le stress et d'autres non. Il existe donc des individus qui savent parfaitement contrôler leur comportement et des individus qui le savent moins. Ce dernier groupe ne possède, par exemple, aucun contrôle des impulsions ou une faible tolérance de frustration.
Ainsi, certains individus ont besoin de se détendre au moyen de la nature, de la méditation, du fitness, du sport ou de la lecture. D'autres individus sont dépressifs, nerveux, souffrent de toutes sortes de problèmes physiques ou résistent à leurs problèmes avec l'alcool ou d'autres substances entraînant une dépendance ou non. Il existe également des individus qui gèrent le stress supplémentaire d'une manière très négative. Ils réagissent en utilisant la violence verbale et physique ou commettent des actes criminels.
Aussi, il existe des individus qui ont justement besoin de beaucoup d'impulsions : le flash. Ils se chargent de toutes sortes d'attractions agitées et cherchent la foule de la ville, chose que d'autres individus ne veulent justement pas.

Les effets des individus sur nous
La simultanéité actuelle de plusieurs personnes pourrait avoir des effets négatifs et directs. Il y a trop de monde. Ce n'est vraiment pas la peine. La réponse à la question sur l'effet protecteur ou menaçant des individus sur nous dépend plus de l'importance que nous donnons à ces individus. La signification que nous donnons aux individus détermine si nous restons détendus ou non. Il peut s'agir des individus de mêmes opinions dans une église pleine, de la même association, de la même culture, de la même langue. Il peut également s'agir d'individus qui sont totalement inconnus, qui possèdent des qualités rares dont nous avons besoin. C'est une question de concurrence. Il y a donc de grandes chances que nous éprouvions un stress négatif.

Il peut également s'agir de conséquences indirectes. Les conséquences indirectes d'un grand nombre d'individus n'ont pas un lien avec toute interaction directe entre les individus. À cause de cette forte densité de population, toutes sortes de problèmes peuvent surgir, parce que beaucoup d'individus les utilisent, à un moment donné, dans une certaine mesure : attendre au supermarché, listes d'attente dans les hôpitaux, embouteillages sur les routes, etc. Cela conduit à de la frustration. Lors de la présence d'un grand nombre d'individus, le besoin de régulariser le contact mutuel surgit souvent. Mais la régularisation porte atteinte à la liberté de décision (autonomie) des individus, par définition. L'effet peut être aussi bien positif que négatif. Dans ce dernier cas, l'être humain ne reconnaît plus son entourage et lui-même. C'est une question d'aliénation.
Une dernière conséquence indirecte de la surpopulation a aussi un rapport avec notre système politique. Dans le cadre de notre processus décisionnel démocratique, la défense des intérêts collectifs aux Pays-Bas est une affaire complexe. Parfois, les gens ne trouvent pas leur identité dans le processus décisionnel ou ne se sentent pas concernés. En raison de la grande distance géographique ou psychologique entre les personnes directement concernées et les hommes du pouvoir (responsables et politiciens), il en résulte également de l'aliénation.

Conclusions

  • L'augmentation de la population est liée à des limites. Les individus doivent pouvoir survivre, non seulement physiquement, mais aussi psychologiquement. Pour cela, un espace suffisant est nécessaire.
  • Ces limites, qui influencent notre existence en tant qu'être humain, doivent être déterminées de façon objective.
  • Puisqu'il s'agit de la qualité de notre existence, il est beaucoup plus difficile de déterminer une limite claire en ce qui concerne le nombre critique d'habitants sur un petit territoire.
  • Il est possible que les lois de la nature corrigent les erreurs que nous avons commises en ce qui concerne la régularisation du nombre d'individus sur Terre.

Recommandations 

  • Afin de sensibiliser les individus au fait que l'origine du problème de surpopulation est le nombre important d'individus et que cela crée de réels problèmes, il faut accentuer et bien expliquer la relation entre le grand nombre d'individus et ses conséquences.
  • Il faut rapprocher les individus des futurs problèmes. Cela peut bien sûr être réalisé en utilisant des chiffres concrets en ce qui concerne toutes les conséquences possibles. Tous les scénarios et les exemples négatifs de l'avenir doivent être présentés de façon concrète.
  • Les individus peuvent seulement réagir s'ils sentent que leurs besoins primaires sont menacés (Maslow). Pour cette raison, il est important de leur expliquer qu'il y aura beaucoup moins de ressources alimentaires dans l'avenir et que l'air sera pollué. Il faut également mettre l'accent sur le fait que notre sécurité et notre existence sont en jeu.
  • Il faut également distinguer les conséquences directes et indirectes de la surpopulation. Les conséquences indirectes doivent être décrites de façon systématique.
  • Il est nécessaire de mener plus de recherches sur les effets de la surpopulation sur la santé physique et mentale de l'être humain.

Notes

  1. Abraham H. Maslow, psychologue et président de l'Association Psychologique Américaine, Motivation and Personality, 1954.
  2. John B. Calhoun, psychologue américain.
  3. Voir les critères écologiques dans Mijn land van veel en vol, de Paul Gerbrands, ISBN 90 5573 413 6.

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