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mercredi, 24 février 2010

Le vieillissement n’est pas un problème

Une étude réalisée au cours de l’année 1997

1. Introduction


Le haut niveau de consommation par habitant des pays les plus développés du monde a des conséquences globales considérables. Par conséquent, il devient nécessaire de réduire progressivement le nombre d'habitants en limitant le taux de natalité.

La baisse naturelle du taux de natalité dans divers pays d’Europe de l’Ouest est réconfortante. La diminution du nombre de naissances est si importante qu’à long terme, dans beaucoup de pays européens, la population diminuera.

Il existe un sentiment de préoccupation générale quant à l’augmentation du pourcentage de personnes âgées (du vieillissement de la population) dans notre société. En réalité, cette préoccupation n’est autre que la peur de l'absence de population active, c'est-à-dire l’absence de personnes ayant un emploi et pouvant garantir un niveau de vie convenable à l'ensemble de la population (et tout particulièrement, aux personnes âgées). Cela suppose que chaque génération de personnes âgées devra être accompagnée d’un nombre de naissances équivalent. La conséquence d’une telle politique est qu’une population aussi grande ne pourra jamais être réduite au point de pouvoir disposer des ressources de production et des ressources naturelles suffisantes.

Mais surtout, cette peur du vieillissement rend impossible la négociation d’une politique de réduction du nombre des naissances avec les Pays-Bas. Nous souhaitons démontrer, en nous basant sur les chiffres disponibles, que le vieillissement aura d’importantes conséquences dans les quarante prochaines années et profitons de cette occasion pour souligner qu’il n’y a pas lieu de s'inquiéter de la possibilité de relever ce défi.

2. Composition de la population des Pays-Bas en 1997
L’hypothèse trompeuse selon laquelle il est impossible de payer les conséquences du vieillissement repose sur l’idée qu’il faut un grand nombre de personnes actives pour entretenir une quantité limitée d’inactifs. Les personnes âgées sont considérées comme une partie des inactifs.

Le tableau ci-dessous montre que le produit national néerlandais permet actuellement d'entretenir un grand nombre d'inactifs sans trop de problèmes. La plupart des inactifs font partie du groupe d’âge des moins de 65 ans. Le 31 décembre 1997, les Pays-Bas comptaient 15 654 000 habitants, d'après les informations du Bureau central de statistiques (CBS), répartis selon les groupes d’âge suivants :

Âge
Nombre
Pourcentage
00-19
3.809.000
24,3 %
20-64
9.735.000
62,2 %
65-xx
2.110.000
13,5 %
Total
15.654.000
100,0 %

Par rapport aux autres pays d'Europe de l'Ouest, la quantité de personnes âgées aux Pays-Bas en 1997 était peu importante. Dans les autres pays d’Europe de l’Ouest, le pourcentage oscillait entre 15 % et 18 %. Le pourcentage de jeunes se situait dans la moyenne européenne. Dans les conversations sur le vieillissement, on considère souvent, à tort, que le pourcentage de personnes âgées est l'indicateur principal du nombre d'inactifs. Le tableau ci-dessous montre comment, dans la situation actuelle, un petit groupe d'actifs assure le niveau de vie d'un grand groupe d'inactifs, grâce à un taux élevé de productivité individuelle.

 
Nombre de personnes
Corrélation par rapport au nombre de postes de travail
Nombre d’actifs (20-64 ans) 1)
6.224.000
100
Sans emploi (indemnités de chômage)
374.000
6
Sans emploi (autres indemnités)
420.000
7
Sans emploi (prestation versée conformément à la Loi sur l’inaptitude permanente au travail)
860.000
14
Bourse du travail c.a.
77.000
1
Préretraite et retraite flexible
150.000
2
Sous-total
- Indemnités
- Procédures de licenciement économique
- Droit au départ anticipé
150.000
2
Étudiants (de plus de 20 ans)
300.000
5
Sans emploi ni prestation :
- à la recherche d’un emploi (200 000)
- ne recherche pas d’emploi
        (femmes au foyer, veuves)
1.180.000
19
Sous-total 20-64 ans
9.735.000
156
Personnes âgées (+ de 64 ans)
2.110.000
34
Jeunes (- de 20 ans)
3.809.000
61
Total de la population
15.654.000
252
1) 176 000 des jeunes de 15 à 19 ans (inclus) ont un emploi.
Le nombre total des personnes ayant un emploi s'élève donc à 6 400 000.
 

Ces chiffres révèlent que pour 100 personnes actives, il existe 152 personnes inactives, desquelles 34 seulement appartiennent à la catégorie des personnes âgées. Les personnes âgées constituent une simple minorité parmi les inactifs. On peut donc en conclure qu’un petit groupe de travailleurs peut subvenir aux besoins d'un groupe d'inactifs sans aucun problème. Cette information se révèle être très importante pour l'évaluation des conséquences du vieillissement. La différence entre le nombre d’actifs et le nombre d’inactifs est plus importante si l’on tient compte du fait que la période moyenne de travail aux Pays-Bas est largement inférieure à celle des autres pays européens.

Parmi les 6 400 000 personnes ayant un emploi aux Pays-Bas, seuls 58 % d’entre elles (3 698 000 personnes) travaillent à temps complet. En 1997, de nombreux secteurs ont adopté la semaine de 36 heures comme norme de travail à temps complet. Il s’agit d’un choix volontaire de la part des employés ; les syndicats veillent à ce qu’on ne leur offre pas la possibilité de travailler plus d’heures en échange d'un salaire plus élevé. Quoi qu’il en soit, il faut tenir compte du fait qu’une partie des employés choisirait volontiers une semaine de travail plus longue si on leur donnait le choix. La semaine de travail de 36 heures peut être considérée comme une forme de chômage invisible.
Une semaine de travail de 36 heures équivaut à une moyenne d’entre 1 620 et 1 632 heures de travail à l’année. Il faut encore déduire de ce total d'heures, les jours d'absences pour cause de maladie (de 5 % à 6 %) ainsi que l'augmentation des absences pour cause de grossesse, d'accouchement et de paternité. 

Par ailleurs, il existe un second groupe de travailleurs ayant un emploi fixe à temps partiel. Les emplois à temps partiel de 12 heures par semaine représentent un total de 1 920 000 emplois. Ces employés travaillent en moyenne 20 heures par semaine. L'option d'un emploi à temps partiel n'est pas toujours un choix volontaire. Parfois, les travailleurs acceptent un emploi à temps partiel par manque d’autres postes disponibles. Voilà encore une autre forme de chômage invisible. Les Pays-Bas sont le seul pays d'Europe à avoir un pourcentage d'emplois à temps partiel aussi élevé.

Le troisième groupe est celui des emplois flexibles, tels que les emplois proposés par les agences de travail temporaire. Ce groupe est constitué de 783 000 personnes. Encore une fois, il ne s'agit pas d'un choix volontaire; une grande partie des travailleurs ayant un emploi temporaire préférerait avoir un poste fixe.

Tout ce qui précède prouve qu'il existe aux Pays-Bas un chômage invisible considérable. La quantité de retraités n’est absolument pas comparable aux autres groupes d’inactifs (involontaires). L’augmentation progressive du nombre de personnes âgées ne conduira pas à une réduction équivalente du nombre de personnes actives, mais à la réduction du nombre d’inactifs involontaires. Pour que cela soit possible, il faut également maintenir le niveau de production des produits et services.

Les différences entre les groupes d'âge aux Pays-Bas
En évaluant la participation par groupes d'âge (voir annexe 2), on remarque que deux groupes se détachent des autres. Dans un premier temps, on note une faible participation des 15-19 ans et des 20-24 ans. Ceci est dû à l’allongement de la durée de formation ainsi qu’à l'augmentation d’étudiants poursuivant des études supérieures. La quantité de jeunes accédant à une formation supérieure a augmenté de 20 % à 43 % entre 1975 et 1997. Sachant que l’enseignement supérieur sert en principe à accéder à des postes de travail de catégorie supérieure, on peut dire qu’il s’agit d’un pourcentage très élevé. Il est impossible qu'il y ait un poste adapté au niveau et au contenu de la formation suivie pour chaque diplômé. D’après une étude récente, 38 % des travailleurs occupent des emplois au-dessous de leur niveau de formation.

C’est en partie à cause de la mauvaise situation de l’emploi des dix dernières années qu'un grand nombre de jeunes s'est tourné vers une formation à long terme, poussant un grand flot d’étudiants à s’engager dans des études supérieures. Les entreprises n’embauchent pas des personnes ayant une formation supérieure pour leur diplôme d’études supérieures, mais parce que le simple fait de posséder un tel diplôme est considéré comme une preuve d'intelligence et de persévérance. Cette tendance provoque, dans bien des cas, un rejet des diplômés de formations professionnelles inférieures ou de l’enseignement secondaire professionnel en faveur des titulaires d’un diplôme d’études supérieures. Si tel est le cas, il faudrait revoir l’efficacité du système éducatif sans que cela nuise à l'économie néerlandaise. Le système éducatif néerlandais ne doit pas faire perdre de temps à ses étudiants, mais au contraire, les préparer à entrer sur le marché du travail. Les cursus doivent être plus courts et plus compacts. L'accès à l'enseignement supérieur doit être limité aux personnes ayant les meilleures aptitudes (entre 15 % à 20 % des étudiants). On remarque ensuite la faible participation des personnes âgées. La mauvaise situation de l’emploi au cours des dix dernières années a provoqué un grand exode des personnes âgées, grâce à des accords de droits au chômage, de préretraite et de licenciement, conformément à la Loi sur l’inaptitude permanente au travail. Les conséquences de la faible participation des 50-64 ans sont encore visibles (voir annexe 2).

3. Composition de la future population des Pays-Bas
Pour visualiser le degré de vieillissement, nous utilisons le simulateur de Poptrain, un logiciel de l'Institut démographique et interdisciplinaire néerlandais (NIDI) de La Haye. Ce logiciel permet (en se basant sur l’extension réelle de la population en 1995) de calculer les conséquences liées au développement de la population d’ici 2050, en utilisant un certain nombre de variables. Nous avons calculé deux variantes à l’aide de ce logiciel.

Variante A :
Cette variante se base sur un taux de natalité de 1,70 enfant par femme et sur une immigration nette de 35 000 personnes par an (la configuration standard du NIDI). Elle correspond à la variante moyenne de la prévision du Bureau central de statistiques (CBS) pour l’année 1996. Le taux de natalité impliquerait que 75 % des femmes aient des enfants, avec une moyenne de 2,27 enfants par femme (0,75 × 2,27 équivaut à 1,70). Avec cette variante, la population atteint son niveau maximum en 2032. Puis elle diminue progressivement, tel que le montre le tableau suivant :

2032 :
17.110.000
2040 :
16.989.000
2050 :
16.654.000

Des indices révèlent que ces prévisions sont trop réduites. Certains chercheurs préfèrent se baser sur un taux de natalité de 1,80. Si celle-ci s'avérait être réelle, la population des Pays-Bas s'élèverait à 17 284 000 personnes en 2050, tandis qu’elle s’élèverait à 19 277 000 personnes en 2050 si le remplacement des générations est atteint (2,10 enfants par femme).

Variante B :
Un taux de natalité de 1,30 combiné à un solde migratoire de 0. Un taux de natalité de 1,30 implique que 75 % des femmes ont des enfants et que la moyenne d’enfants par femme est de 1,73 (0,75 × 1,73 équivaut à 1,30). La population atteint son maximum en 2002. Puis elle diminue, comme en témoigne le tableau suivant :

2002 :
15.660.000
2040 :
13.201.000
2050 :
11.694.000

Si le taux de fécondité venait à changer, l'impact du vieillissement se ferait sentir majoritairement aux environs de 2040. Puis, la jeune génération diminuerait en même temps que celle des personnes âgées, réduisant ainsi l’influence du vieillissement. C’est pourquoi, nos hypothèses concernant les effets du vieillissement se base sur l'après 2040. La forte augmentation du pourcentage de personnes âgées de la variante B ne laisse prévoir aucune catastrophe. Il existe des facteurs pertinents, tels que la demande de produits et services ou l’évolution de l’offre et la demande d’emploi.

L’évolution de la demande de produits et services aux Pays-Bas

  • Face à l’augmentation du nombre de personnes âgées, on observe une baisse du nombre de jeunes dépendants. Ceci a une influence sur la structure des services collectifs. L’augmentation des coûts des retraites et des soins pour personnes âgées est compensée par la réduction des dépenses liées aux allocations familiales, à l’éducation des enfants, à l’assistance médicale aux enfants, à l’éducation, aux bourses, etc. Le développement des infrastructures, qui requiert actuellement une grande quantité de ressources, ne sera plus nécessaire à l'avenir, puisque la population diminuera.
  • On assistera à une saturation dans le secteur privé. Il ne sera pas nécessaire d’augmenter le nombre de logements. Au contraire, il sera possible de quitter les logements en mauvais état sans avoir à recourir à des logements provisoires de remplacement. Le vieillissement aura pour conséquence la diminution de la demande de mobilier, de tapisserie, etc.
  • La croissance sera renforcée lorsque la pénurie de matières premières nous contraindra à un style de vie plus sobre.
     

L’évolution de l’offre et de la demande d'emploi :

  • L'automatisation et l’amélioration des méthodes de travail donneront lieu à une nouvelle situation durant laquelle un nombre moins important d'entreprises sera en mesure d’assurer le même niveau de production.
  • L’État s’occupera davantage de l’incorporation des jeunes sur le marché du travail. Les études pourront être plus courtes et le flot d’étudiants qui se tournent vers les études supérieures, plus limité.
  • Il y aura plus d’opportunités de travail pour le groupe des 25-64 ans, ainsi que pour les femmes souhaitant retrouver une activité et les chômeurs ayant été licenciés dans d’autres circonstances. Ceci aura pour conséquence une réduction des prestations et une augmentation des salaires.
  • Il sera possible de convertir les postes à temps partiel en postes à temps plein.
  • Il existe la possibilité de travailler plus longtemps. Beaucoup de Néerlandais préféreraient travailler plus de 36 heures par semaine en échange d’une compensation économique, ou même, d’une réduction du nombre de journées de repos.
  • La participation au travail des 55-64 ans augmentera. L’augmentation progressive de l’âge de la retraite est une autre possibilité.
  • Toutefois, en cas de manque de travailleurs (ce qui, d’après notre analyse, ne devrait pas se produire), on pourrait compter sur le groupe des plus de 65 ans pour continuer à participer à la vie active s’ils le souhaitent.
     

L’augmentation continue de la productivité individuelle ainsi que l’augmentation de la moyenne du nombre d’heures de travail par employé auront pour conséquence l’augmentation des salaires bruts individuels. Les salaires nets ne diminueront pas, mais il y aura plus de prestations sociales en raison du grand nombre de personnes âgées. Malgré le nombre de facteurs peu fiables qui concernent l'évolution du marché de l'emploi d'ici 2040, nous allons tenter de calculer la quantité de main-d'œuvre qui sera disponible à ce moment-là. Prenons la variante B et disons que l’âge de départ à la retraite reste fixé à 65 ans.

Les prévisions sont visibles à l'annexe 3. Il semble que, malgré la diminution de la population totale, celle-ci s’élevant à 2,5 millions de personnes, la quantité de main-d’œuvre disponible, quant à elle, diminue peu : passant de 6 400 000 à 6 231 000 personnes. Si l’on observe la quantité de main-d’œuvre disponible par rapport à la taille de la population totale, on constate une augmentation considérable : la participation a augmenté, passant de 40,9 % à 47,2 %.

4. Les travailleurs âgés
Des efforts doivent être mis en place pour que les travailleurs âgés puissent rester dans la vie active aussi longtemps que possible. À l’avenir, les facteurs suivants vont jouer un rôle positif :

  • L’incorporation limitée des jeunes permettra aux personnes âgées de conserver ou de trouver un poste.
  • Des efforts devront être faits afin d’améliorer les conditions de travail. Il faut éviter que les employés ne soient usés par une surcharge de travail.
  • L’amélioration des outils et des machines doit permettre aux travailleurs âgés de travailler plus longtemps.
  • Dans le cas de postes de travail nécessitant un effort physique considérable de la part de l’employé, des roulements pourront être mis en place afin de répartir les horaires entre jeunes et personnes âgées.
  • Dans le cas de professions nécessitant un effort physique de la part de l’employé, celui-ci devrait bénéficier d’un droit de départ anticipé afin de lui permettre de continuer à exercer une autre profession.
  • Des solutions doivent être envisagées afin que les personnes âgées puissent travailler en tant qu'intérimaires ou à temps partiel une fois qu’elles auront pris leur retraite. Le système de retraite ne doit pas les empêcher d’obtenir des revenus supplémentaires.
     

5. L’âge de la retraite

  • La Loi sur la vieillesse, votée en 1919, fixe l’âge de départ en retraite à 65 ans. Malgré le fait qu’en 1999, la santé des 65 ans est bien meilleure qu’elle ne l’était en 1919, grâce notamment à l'amélioration des conditions de vie, l'âge de départ en retraite est resté le même. Dans la pratique, les travailleurs qui continuent à exercer une activité professionnelle une fois passés les 65 ans sont peu nombreux, comme en témoigne l’annexe 2.
     
  • En principe, il s’avère indispensable de fixer un âge de départ en retraite. Ceci permet de prévenir le chômage de ceux qui finissent leurs études et cela met fin à toutes les discussions concernant l’âge du travailleur : à savoir, s’il est ou non trop âgé pour exercer convenablement son activité. Par ailleurs, cela permet de définir une base pour les fonds de pension et les plans de retraite.
     
  • Actuellement, la plupart des travailleurs prennent leur retraite autour de 60 ans. Il ne s’agit pas de la vraie retraite (la Loi générale sur la vieillesse stipule que l'âge de départ en retraite est de 65 ans), mais d'accords concernant une retraite anticipée, une préretraite ou un droit de départ anticipé pour cause de vieillesse. Seule une minorité de travailleurs atteint les 60 ans : un grand nombre de personnes est resté au chômage, est atteint d’une inaptitude au travail ou a abandonné toute activité pour cause de licenciement économique.
     
  • L'État se propose de réduire assez rapidement les accords pour les personnes de 60 à 65 ans, avec l’aide des syndicats (les accords de retraite anticipée ont été limités afin de pouvoir mettre en place la semaine de 36 heures).
  • D’après nous, la prompte réduction de ces accords n’est pas souhaitable et pourrait même s’avérer fatale. Actuellement, les accords peuvent être payés sans problème : le pourcentage de personnes âgées en Europe est plutôt faible. Les conséquences négatives découlant du redressement de l’âge de départ en retraite sont : la paralysie des organisations (les personnes âgées qui étaient sur le point de quitter leur poste continuent à travailler), une situation de chômage pour les personnes finissant leurs études, un manque d’opportunités pour l’incorporation de personnes en situation de chômage (y compris le chômage invisible).
  • L’annulation de ces accords entraînerait (probablement) une économie immédiate sur les dépenses collectives. Toutefois, dans les années suivantes, les dépenses collectives augmenteraient à nouveau comme conséquence du vieillissement, sans qu’elles ne puissent être compensées par quoi que ce soit. Avec le redressement progressif de l’âge de la retraite, la hausse graduelle des coûts de la Loi générale sur la vieillesse serait compensée par la réduction progressive des coûts découlant des accords de retraite anticipée.
  • À notre avis, l’État devrait intervenir en redressant de manière progressive l’âge de la retraite. En fixant l'âge à 60 ans (afin de s’adapter à la situation réelle actuelle) pour les groupes nés en 1939 ou avant. Puis en augmentant graduellement l’âge de trois mois par année de naissance, afin qu’en 2024, l’âge de départ en retraite normale soit à nouveau de 65 ans pour le groupe des personnes nées en 1959.
     
  • Si, en raison de circonstances externes (non prévues dans les analyses statistiques), une pénurie venait à se produire sur le marché du travail, on pourrait envisager à tout moment la possibilité de créer des opportunités pour que les personnes âgées puissent continuer à travailler si elles le souhaitent. Étant donné l'état de santé des Néerlandais, il est plus que probable qu'une partie des personnes âgées soit prête et en mesure de le faire.
  • Ceci va permettre de créer un espace pour la réduction des jeunes générations. Le redressement de l’âge de la retraite est pleinement justifié. Les personnes âgées d’aujourd’hui sont en de meilleures conditions physiques qu’autrefois. Les soins médicaux sont meilleurs, tandis que les conditions de vie, elles, sont moins difficiles. Un grand nombre de maladies qui entraînaient autrefois une inaptitude au travail peuvent aujourd’hui être combattues par des opérations ou des médicaments. Ce développement va continuer dans les prochains siècles.

6. Le système de prévoyance des retraites
La peur face au faible taux de natalité n’est autre que la peur d'une mauvaise prévoyance des retraites. Une prévoyance fiable des retraites est la condition absolue pour obtenir la confiance d'une population décroissante.

Le système de retraite actuel consiste, d’une part, en un système de répartition, d’autre part, en un système basé sur la capitalisation. Dans un système de répartition, les travailleurs cèdent, au cours d’une année déterminée, une partie de leurs revenus aux inactifs de cette même année. La Loi générale néerlandaise sur la vieillesse fonctionne de cette manière ; de même que les accords de retraite anticipée. Dans un système basé sur la capitalisation, les travailleurs constituent un capital durant leur période active, grâce à leurs revenus (par exemple, grâce à un fonds de pension au sein de l'entreprise), qui leur sera rendu au moment de leur retraite sous forme de pension. Les assurés ne se voient généralement pas réclamer de manière individuelle une partie de leur capital pour alimenter le fonds de pension. L’assuré est informé, dans les meilleures conditions, du montant qui lui sera versé comme pension, mais ne sait pas combien d’argent de son capital est placé dans le fonds de pension.

Certains préconisent un passage au système par capitalisation. Ceux-ci pensent qu’on devrait permettre aux actifs actuels d'épargner une plus grande partie de leurs revenus afin d'éviter des problèmes à l'avenir. D’après nous, ce type de système n’est pas sans danger. Une épargne qui dépasserait la demande de fonds destinés aux investissements entraînerait une augmentation du chômage et de la dette publique.

Outre le risque macroéconomique précité, le système de capitalisation présente un deuxième inconvénient. Il s’agit de la sensibilité du résultat final de l’investissement par fluctuation des intérêts et de l’inflation. Si l’inflation augmente ou si les intérêts et les résultats de l'investissement s’affaiblissent, les fonds de pension ne seront plus en mesure de répondre aux attentes des travailleurs affiliés.  L’allongement même de l’espérance de vie comme conséquence des progrès de la médecine peut engendrer des problèmes de paiement des retraites dans un système basé sur la capitalisation.

Pour ne plus avoir peur du vieillissement de la population, il est nécessaire de disposer d’un système offrant des garanties à tous les travailleurs et personnes âgées. Celui-ci devra satisfaire certaines conditions :

  • La révision du taux des retraites doit être indexée sur les revenus des actifs. Il faut éviter que les personnes âgées ne soient en décalage par rapport aux jeunes. La solidarité entre les jeunes générations et les personnes âgées ne peut être remise en cause par aucun parti politique.
  • Étant donné la diversité des modèles de carrières professionnelles, les pensions devront être calculées sur les revenus de la phase active. De cette façon, nous évitons des interruptions dans le paiement des retraites. On devrait être en mesure de connaître l’évolution théorique du fonds de pension, qui devrait refléter aussi bien les revenus que la compensation de l’inflation (et, si possible, le versement des intérêts). Le montant des pensions devrait dépendre du montant de l'épargne. De cette façon, les titulaires d’un plan de retraite conservent leurs droits sur les quantités versées.
  • Le système de retraite peut être, de même qu’il l’est actuellement, une combinaison entre un système de répartition et un système par capitalisation. Les circonstances du marché national et européen des capitaux peuvent déterminer conjointement quelle est la proportion adéquate de ces deux systèmes. Ni les jeunes ni les personnes âgées ne bénéficient d’un système de prévoyance de retraite pouvant conduire l’économie à une crise.
  • Les différences qui existent quant aux prestations des différents fonds de pension ne sont pas appropriées. Peut-être sont-elles la conséquence des différences dans la composition de l’âge. Une union des fonds de pension (fusion ou utilisation conjointe des résultats) s’avère nécessaire.
  • Étant donné les risques, aussi bien positifs que négatifs, il est souhaitable de pouvoir compter sur la garantie étatique du résultat des investissements des institutions. Les bénéfices nets des fonds de pension pourraient être revus à la baisse par l’État, tandis que les résultats des investissements déficitaires pourraient être augmentés grâce aux ressources générales. C’est faisable, puisque les mauvais résultats des investissements découlant de l’inflation ou d’intérêts trop faibles rapportent des bénéfices à l’État ou aux débiteurs du secteur privé. Nous disposons donc d’une marge pour limiter les bénéfices par le biais de taxes spécifiques.
     

7. Conclusions
La réduction de la population, tel qu’elle est mentionnée à l’introduction, est absolument nécessaire si l’on souhaite atteindre les objectifs suivants :

  • Réduire les dommages causés à l’environnement.
  • Réduire les dommages dus au surpeuplement.
  • Conserver les réserves naturelles.
  • Réduire la consommation des ressources naturelles aux Pays-Bas ainsi que dans les autres pays.
  • Réduire la dépendance à l'importation qui fait de nous un pays politiquement et économiquement vulnérable.

La réduction progressive de la population n’implique pas nécessairement des problèmes économiques, comme le craignent certains. Ceux qui craignent d’éventuels problèmes n’ont pas tenu compte des deux facteurs suivants :

  • Actuellement, un grand nombre de personnes sont exclues de la vie active ; il s’agit du chômage invisible. La faible présence des jeunes sur le marché du travail entraînera une diminution du chômage invisible, réduisant de ce fait le nombre d’actifs de manière limitée.
  • Grâce au développement technologique et à l'allongement des périodes de travail, la productivité individuelle augmentera dans les quarante prochaines années. 
  • Le vieillissement n’entraîne pas seulement une augmentation des dépenses publiques (la Loi sur la vieillesse, maisons de retraite pour personnes âgées, centres de soins, etc.), il entraîne également une réduction des budgets publics dans d’autres secteurs (allocations familiales, éducation, logement et infrastructures).
     

Nous pouvons donc en conclure que le vieillissement d’une population progressivement décroissante ne suppose aucun problème.

Annexe 1
Calcul des prévisions à partir de 1995 (Poptrain 1997)
 
Situation A
1998
Situation A
2040
Situation B
2040
Population (totale) 
15.659.376
16.988.761
13.201.122
Natalité
190.780
165.444
78.401
Mortalité
139.090
224.443
219.907
Immigration
35.000
35.000
0
 
 
 
 
Pourcentage des 00-19 ans
24,33 %
21,58 %
15,25 %
Pourcentage des 20-64 ans
62,17 %
53,52 %
53,03 %
Pourcentage des + 65 ans
13,50 %
24,90 %
31,72 %
Pourcentage des 65-69 ans
3,96 %
6,02 %
7,57 %
Pourcentage des +70 ans
9,54 %
18,88 %
24,15 %
 
 
 
 
Nombre de personnes de 00-19 ans
3.809.926
3.666.175
2.013.171
Nombre de personnes de 20-64 ans
9.735.434
9.092.385
7.000.555
Nombre de personnes de +65 ans
2.114.016
4.230.201
4.187.396
Nombre de personnes de 65-69 ans
620.527
1.022.171
999.229
Nombre de personnes de + 70 ans
1.493.489
3.208.030
3.188.167
 
 
 
 
Pression écologique
39,13 %
40,31 %
28,77 %
Pression due au vieillissement
21,72 %
46,53 %
59,83 %
Pression totale
60,85 %
86,85 %
88,60 %
 
 
 
 
Coût de la Loi générale sur la vieillesse
€ 17,583 M
€ 35,185 M
€ 34,829 M
 
 
 
 
Nombre d’étudiants
3.245.400
3.156.573
1.795.852
Nombre de patients en centres de soins
57.592
141.390
139.857
Nombre d’habitants en maisons de retraite
130.859
341.608
338.443
 
 
 
 
Dépenses en allocations familiales
€ 2,886 M
€ 2,777 M
€ 1,525 M
Dépenses d’éducation
(nationales + municipales)
€ 19,145 M
€ 18,621 M
€ 10,594 M
Dépenses dans des centres de soins
€ 2,744 M
€ 6,736 M
€ 6,663 M
Dépenses dans des maisons de retraite
€ 2,672 M
€ 6,976 M
€ 6,911 M
Visites médicales (médecin de famille, spécialiste et kinésithérapeute)
€ 59.1 M
€ 69.93 M
€ 58.27 M
Dépenses en consultations médicales
€ 2,836 M
€ 3,357 M
€ 2,784 M
 
 
 
 
Besoins en logement (extra)
74.702
4.928
- 47.414
Besoins en logement (cont.)
15.298
60.000
60.000
Besoins en logement (total)
92.300
64.928
12.586
 
 
 
 
Dépenses de construction de logements
€ 10,471 M
€ 7,365 M
€ 1,428 M
Les quantités sont exprimées en euros, ne pas en florins néerlandais.
 
Annexe 2
Degré de participation des différents groupes d’âge en 1997
Groupes d’âge
Total
Actif
Pourcentage
15-19
915.000
176.000
19
20-24
998.000
613.000
61
25-29
1.279.000
1.015.000
79
30-34
1.306.000
992.000
76
35-39
1.255.000
908.000
72
40-44
1.167.000
848.000
73
45-49
1.147.000
808.000
70
50-54
1.020.000
632.000
62
55-59
786.000
329.000
42
60-64
690.000
79.000
11
Total 15-49
10.563.000
6.400.000
60
Total 20-64
9.648.000
6.224.000
64
Source CBS
 
Annexe 3
Ce tableau montre comment l’augmentation du nombre de personnes âgées
peut être compensée par la diminution d’autres formes d’inactivité.
Âge 
Situation
Nombre
Pourcent.
Nombre
Pourcent.
 
 
1997
1997
2040
2040
00-19
Sans emploi
3.633.000
23,2
1.813.000
13,7
00-19
Salarié
176.000
1,1
200.000
1,5
20-64
Actif
6.224.000
39,8
6.031.000
45,7
20-64
Chômage
374.000
2,4
50.000
0,4
20-64
Allocations
420.000
2,7
50.000
0,4
20-64
Inaptitude au travail
860.000
5,5
360.000
2,7
20-64
Bourse de travail
77.000
0,5
0
0,0
20-64
Retraite anticip. Retraite flexible
150.000
1,0
0
0,0
20-64
Congé c.a.
150.000
1,0
40.000
0,3
20-64
Études (+ de 20 ans)
300.000
1,9
100.000
0,8
20-64
Sans indemnités chômage, à la recherche d'un emploi
200.000
1,3
20.000
0,2
20-64
Inactif et sans indemnités de chômage
980.000
6,3
350.000
2,7
65-99
Inactif
2.110.000
13,5
4.187.000
31,7
Tous
Population totale 
15.654.000
100,0
13.201.000
100,0
 
 
 
 
 
 
Tous
Population active
6.400.000
40,9
6.231.000
47,2
 
Annexe 4
Bibliographie
  • NIDI (Institut démographique et interdisciplinaire néerlandais) : Volume de NIDI nº 35, sujets concernant la population de 1994 (et notamment les chapitres 5 à 14).
  • Volume de NIDI nº 50, sujets concernant la population de 1997 (et notamment le chapitre 3).
  • Logiciel du NIDI, Poptrain 1997
  • Note du Club de los 10 millones de 1997
  • Bureau central de statistiques, annuaire statistique de 1996-1997-1998
  • Bureau central de statistiques, diverses données concernant le marché du travail et l’emploi (envoyé sur demande).
  • Les personnes âgées parlent aux personnes âgées, développements démographiques et politique démographique (Commission scientifique pour la politique du gouvernement, 1993)
  • Exploration du futur : le marché du travail et la formation jusqu'à 2007 ; Ministère des affaires sociales et de l’emploi (octobre 1998).
 
Ce rapport a été rédigé en décembre 1998 par le groupe de travail sur le vieillissement de la Fondation du Club des Dix Millions.
 

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