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Overpopulation Awareness is the website of Fondation Le Club des Dix Millions

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vendredi, 05 mars 2010 15:19

La surpopulation est un choix

Paul Gerbrands in Civis Mundi d’avril 2008

Histoire
La révolution industrielle est apparue en Angleterre vers 1750. Elle s’est diffusée progressivement dans le reste du monde. C’est surtout en Europe et aux États-Unis que cette nouvelle ère fit son entrée. Dans un premier temps, elle fit naître beaucoup de pauvreté et une moindre espérance de vie par l’exploitation industrielle des masses.

Mais le vent tourna lorsque les partis socialistes et les syndicats s’engagèrent dans l’amélioration des conditions de vie de la classe ouvrière. Vers la fin du XIXe siècle, la qualité de vie s’améliora lentement, les conditions de logement furent adaptées et la qualité de la nourriture alla croissant. L’espérance de vie augmenta progressivement, à mesure que les soins de santé se hissaient à un plus haut niveau.
Ces deux derniers siècles ont vu une explosion de la population mondiale. Ainsi, le nombre d’habitants des Pays-Bas est passé de deux millions en 1800 à dix millions en 1950 (voir graphiques ci-après). Comme beaucoup de personnes se dirigèrent vers les villes pour y travailler, on parla d’urbanisation. En 1700, seulement 2 % de la population vivaient dans les villes ; en 2000, ce chiffre est monté à environ 50 %. La modernisation de l’économie occidentale, l’urbanisation de la société et l’accroissement de la population ont conduit ensemble vers une production massive de biens de consommation. Les industriels voyaient progresser leur chiffre d’affaires et les consommateurs avaient toujours plus de choix. Le manque de matières premières sur la marché capitaliste ne posait guère de problème, car l’on pouvait puiser de façon exponentielle dans un stock colonial mondial. Grâce aux règles capitalistes et colonialistes, des lignes d’approvisionnement bien surveillées en provenance des coins les plus reculés de la planète étaient garantes de la fourniture de tout ce qui était nécessaire et utilisable. La déprédation était en marche.

Karl Marx
Le monde entier a semblé être un réservoir inépuisable pour satisfaire les besoins des impérialistes blancs. Leur suprématie militaire et leur sentiment de supériorité ont dégradé la plupart des vendeurs de matières premières et de nourriture à la peau plus sombre en fournisseurs soumis. Et lorsque pour des raisons politiques, religieuses ou économiques il était judicieux pour les Européens d’émigrer ves des endroits paradisiaques, cela n’a pas beaucoup gêné les colonialistes. Et ce, au grand dam de la population autochtone des colonies qui souvent n’avait rien à voir avec ces blancs autoritaires. Les arbres ont semblé ne grandir jusqu’au ciel que pour l’Europe. La faim appartiendrait désormais au passé pour toujours.
Il n’était pas question d’avenir durable. Malthus écrivait pourtant en 1798 son Essai sur le principe de population (An Essay on the Principle of Population as It Affects the Future Improvements of Society, with Remarks on the Speculations of Mr. Godwin, M. Condorcet, and Other Writers). Malthus y déclare que lorsqu’il y a croissance de la population, il y a à terme un risque de manque de nourriture. Ses avertissements n’ont pas été écoutés partout, car ils entravaient la marche du progrès. Adam Smith, reconnu plus tard comme le fondateur des sciences économiques, se souciait aussi des développements économiques rapides. En 1776 paraissait son livre La richesse des nations (Wealth of Nations). Les autorités nationales se disputeraient trop pour la répartition des matières premières dans le monde. Son livre eut beaucoup de succès. Mais la plupart des réactions sont venues de la publication du Manifeste du parti communiste, de Karl Marx et Friedrich Engels en 1848. Lorsque la machinerie de la production de masse tourna à plein régime, il mit les conséquences sociales et politiques de la révolution industrielle sur le même rang.

Al Gore
Malthus est encore toujours considéré par beaucoup comme un pessimiste dérangeant. Et pour cause, disent les optimistes, le problème alimentaire est maintenant sous contrôle. L’irrigation, les engrais chimiques, les manipulations génétiques et les sélections de végétaux, grâce à la technologie hautement développée, sont appliqués pour rencontrer les énormes besoins des consommateurs modernes. Il semble en outre que les lieux dans le monde où sévit une famine locale ne soient pas fréquentés. Bon nombre de ces scientifiques techniques sont même persuadés que la préservation de la prospérité mondiale est entre de bonnes mains avec eux. Les organisations écologiques ont parfois des objections éthiques envers des procédés tels que la sélection de végétaux. Mais tant les scientifiques techniques que les activistes de la protection de l’environnement sont accrochés à la pensée occidentale que seule la croissance est un progrès. C’est pourquoi ils cherchent, presque automatiquement, des solutions au sein du modèle économique de croissance. Il ne peuvent pas, en dehors du scénario de croissance, apporter de solutions en profondeur en excluant les déficits alimentaires sans fondamentalement mettre fin au modèle de culture actuel.
Même Al Gore n’essaie seulement que de repousser la pollution engendrée par le progrès et refuse par principe, pour des raisons électoralistes, d’évoquer aussi bien la croissance de la population que celle du bien-être. Ses discours sonnent incontestablement bien, mais ne mènent pas à une solution durable du déficit alimentaire et des problèmes de l’environnement. L’Union européenne a elle-même opté pour la culture de plus de végétaux transformables en carburant pour la production d’énergie. À côté de l’augmentation croissante des prix alimentaires mondiaux qui pourraient amener plus de famine pour les plus pauvres dans le monde, cela semble assez futile.

Le capitalisme moderne
Depuis l’effondrement de l’alternative communiste, le capitalisme a fortement gagné en influence dans le monde entier. Dans les anciens pays communistes, l’appel à la liberté individuelle semble même avoir été accueilli en triomphe. L’Union européenne (U.E.) a copié la liberté de commerce américaine. La croissance économique, la production en série et la surconsommation déterminent la vie de tous les jours. Nos idéaux sont vantés jusque dans les coins les plus pauvres du monde comme solution à tous les problèmes économiques. Les altermondialistes semblent être les seuls à y voir vraiment le mal. Entre-temps, 16 millions d’habitants des Pays-Bas consomment autant d’eau potable, de nourriture et d’énergie que 185 millions de personnes au Bangladesh. Les avancées économiques occidentales semblent être irrévocables. Les traités commerciaux, comme celui de Lomé de 1975 jusques et y compris les récents plaidoyers pour le crédit en faveur des entreprises starters dans les pays en voie de développement, semblent n’être rien de plus que de bonnes intentions face à la prépondérance occidentale.
Et dans ce scénario, la population sans cesse croissante des pays en voie de développement cherche impatiemment à atteindre le niveau de bien-être du monde occidental. La progression rapide de la population et l’industrialisation galopante de pays tels que la Chine et l’Inde réclament toujours plus de matières premières pour la production d’énergie, de nourriture de qualité et d’eau potable saine. La terre fait des heures supplémentaires.
Les Européens se sont beaucoup plus préoccupés de leur rôle de pollueur et d’exploiteur depuis la Deuxième Guerre mondiale. Une bienfaisance généreuse qui les honore. Mais ils attachent surtout de l’importance à leur propre bien-être et à leurs propres aises. Ces vagues d’immigration après la Deuxième Guerre mondiale sont entre autres la conséquence du fait que les travailleurs néerlandais se sont détournés du travail salissant. Actuellement, les pays en voie de développement sont même privés de leur propre personnel bien formé pour assurer notre croissance économique. La question qui se pose est de savoir si, avec cette attitude, nous pouvons sincèrement ambitionner une prospérité durable au niveau européen et de la nourriture et de l'énergie en suffisance pour tous les citoyens du monde.

Empreinte écologique
C’est parce que les 16 millions de Néerlandais ont trop peu de sols fertiles disponibles pour leur propre production alimentaire qu’ils font appel, entre autres, à l’hémisphère sud. Mais là aussi, tous les sols ne conviennent pas pour l’agriculture et l’élevage. La planète contient environ 14,5 milliards d’hectares de terres et 36 milliards d’hectares de mers. Après déduction des calottes glaciaires, des déserts, des régions semi-arides et des terres en friche ou incultes, il reste environ neuf milliards d’hectares pour l’habitation et les autres besoins des hommes. Si nous divisons le total des surfaces productives disponibles par le nombre actuel d’un bon six milliards de personnes, nous arrivons à environ 1,5 hectare de terre fertile par habitant. Mais avec 1,5 hectare, un Occidental ne sait pas faire grand-chose s’il doit en vivre durablement, année après année. Nous n’obtiendrons jamais cela avec 16 millions d’habitants aux Pays-Bas.
Le nombre total d’hectares sur lequel un habitant des Pays-Bas s’appuie pour sa consommation totale se situe aux alentours de 4,8 ha. C’est nettement plus important que le 0,24 ha dont dispose un Néerlandais au sein de ses propres frontières. Mais même dans ce cas, il a à sa disposition bien plus que le 0,05 ha dévolu à un Égyptien. C’est nettement moins que les 32.000 ha dont dispose un Canadien dans son propre pays. La demande croissante en nourriture sur le marché mondial, le passage vers les biocarburants, les déserts en progression et les mauvaises récoltes influencent déjà défavorablement les prix alimentaires. Ensuite viendront encore s’ajouter à moyen terme les conséquences de la hausse du niveau des mers. De nombreuses terres fertiles agricoles dans les régions des deltas et dans les zones situées plus bas que le niveau de la mer seront dévalorisées par trop de salinité et perdues pour la production alimentaire. Le Programme Alimentaire Mondial (P.A.M.) des Nations unies a dû, en septembre 2007, réduire la quantité des rations dans ses camps de réfugiés, par manque de nourriture.

Consommer moins
Pour la moitié de la population mondiale actuelle d’un peu plus de six milliards de personnes, la lutte contre la faim et la sous-alimentation est une part chronophage de leur vie. Richesse et bien-être ne sont pas du tout accessibles pour elle. À la fin de ce siècle, nous serons onze milliards d’êtres humains, avancent les Nations unies. Selon moi, cela amènera d’abord plus de migrations, pour ensuite se diriger vers une révolution prolétarienne mondiale des mécontents de la terre. Même en suivant strictement un mode de vie simple et végétarien, comme le pratiquent les moines au Népal, la terre ne pourra peut-être pas nourrir durablement, même en y mettant les grands moyens, ce nombre de onze milliards d’habitants. Il faudra alors bannir toute forme de luxe. Mais avec le maintien des coûteuses habitudes de vie et des modes alimentaires pratiqués dans l’Union européenne et aux États-Unis, seulement trois à quatre milliards de personnes pourront probablement être nourries.
Dans le maintien des standards de vie actuels du riche Occident, le facteur énergétique tient un rôle très important. Et là, il n’y a pas grand-chose de durable à mesurer. Car dans le riche Occident, on a consommé en deux cents ans les carburants fossiles que la terre avait mis des milliards d’années à former. Au fur et à mesure que l'énergie jouera aussi un rôle toujours plus grand dans le tiers monde lors de l'augmentation du niveau de vie, le prix d'un baril de pétrole atteindra probablement plus de 300 dollars sur le marché mondial dans quelques années. Cela obligera à utiliser toujours plus d’énergie nucléaire. Si certains Néerlandais sont volontiers partisans d’une répartition équitable de la nourriture et de l’énergie dans le monde, se contenteront-ils aussi dans l’avenir avec ce qui revient au citoyen planétaire moyen ? Pour les syndicats, défenseurs des droits des travailleurs et des consommateurs, cela semble une tâche beaucoup plus utile que l’appel à la grève pour la moindre petite perte de niveau de vie.

Population optimale
Mais plaider pour une diminution du bien-être est chose difficile aux Pays-Bas dans l’abondance. La seule option sérieuse est ensuite la baisse de la population actuelle. Avec une réduction du nombre d’habitants de 485 par km2 aujourd’hui, à 79 par km2, l’empreinte écologique actuelle de 4,8 pourrait être conservée sans atteinte au niveau de vie que nous connaissons maintenant. Le nombre d'habitants correspondant écologiquement justifié pour les Pays-Bas dans ce cas de figure est estimé à 2,7 millions. Dans le tableau ci-après, nous chiffrons ce qu’un nombre durable d’habitants devrait être par pays de l’Union européenne. L'hypothèse énonce que pour un nombre d'habitants plus réduit dans l'Union européenne, toutes les ressources disponibles peuvent être utilisées de façon durable sans en répercuter le poids sur le reste du monde. L’empreinte de chaque pays de l’Union européenne et de la totalité de celle-ci ne peut pas dépasser celle qui est nécessaire à garder intactes les ressources actuelles.
Mais parce que, via le commerce, les gens consomment les ressources du monde entier, l’empreinte de l’Union européenne, dans ce tableau, est calculée sur la base des ressources de la planète entière. Pour cela, il n’y a pas de tableau séparé. Il y a naturellement de grandes différences entre les pays pour ce qui concerne la capacité de production et la consommation actuelles. C’est pourquoi la notion d’hectare dans le tableau est une moyenne pondérée de la surface productive de toutes les terres productives de la planète. Il est cependant tenu compte des pêcheries. Ce tableau ne prétend pas être plus qu’une indication et n’est seulement proposé que comme un défi pour des discussions futures.

Comment ça, un monde équitable ?
Les travailleurs, ainsi que leurs partis politiques et leurs mouvements syndicaux se sont laissés inspirer par Marx. Hausse des salaires, exploitation moindre, horaires de travail réduits, nationalisations, autogestion ouvrière, allocations sociales et même la gestion du partage des augmentations furent les pauses intermédiaires sur le chemin de l’Utopie socialiste. Mais personne ne s'est demandé à ce moment-là à haute voix dans ces cercles si un monde équitable est bel et bien possible avec un nombre de personnes sans cesse croissant, qui ont toujours plus d’exigences de bien-être. La lutte contre le chômage et de plus hauts salaires restent encore et toujours la priorité principale. Le parti politique qui s’en écarterait pour des motifs écologiques serait immédiatement taxé de misanthropie.
Une répartition équitable du profit et des richesses est toujours vue comme la clé pour résoudre les problèmes de la pauvreté et de la faim dans le monde. On évite toutefois de remettre systématiquement en question l’économie de marché, la société de consommation et la surpopulation. Aucun parti politique n’est réellement prêt à donner suite au problème du développement durable en remettant la croissance économique en question. Ainsi, le parti néerlandais CDA (chrétiens-démocrates) affirme que transformer en polders une partie de la mer du Nord permettrait de résoudre les problèmes d’espace, de nature et d’environnement. Mais ce n’est pas beaucoup plus que ce que l’on a fait pour les problèmes écologiques actuels. Ceux-ci sont marginalisés. À propos du Club de Rome, qui exprimait en 1972, avec « Halte à la croissance », sa préoccupation à propos du manque de matières premières dans le monde, il est encore toujours répété avec une grande autosatisfaction et en guise d’apaisement que cette catastrophe annoncée n’est pas encore arrivée.
Les dictateurs se présentaient au siècle précédent comme les messagers de l’utopie communiste ou fasciste. La masse ne pouvait être assez grande pour eux. Les gens n’étaient que de la chair à canon et une nation travailleuse. Dans un monde avec encore plus de gens pauvres et affamés, les systèmes totalitaires sont des options encore plus dangereuses, de même que leurs concurrents religieux. Ceux-ci n’ont jamais pu démontrer avoir donné au monde entier une version stable de leur message utopique. Les descendants de tous ces vauriens, en Europe et en Amérique, se sont développés dans la trace de leurs employeurs au cours de deux siècles jusqu'à devenir des gaspilleurs exigeants, mécontents et égocentriques. Et la Chine suit le mouvement. Grâce à tous ces processus d’émancipation, tout cet enseignement et toutes ces lois sociales, l’armée des pillards de la terre s’accroît en permanence. Et la majorité de tous ces consommateurs voient encore et toujours le plus haut idéal dans une postérité prospère et plus de bien-être pour tout le monde. Et pour atteindre cet idéal, les salaires et les allocations familiales augmentent partout en Europe. Et cela dure depuis des générations. Mais la pauvreté et le chômage actuels ne sont seulement que la conséquence d'un monde surpeuplé dans lequel les épidémies et les guerres ne rompent plus l'équilibre naturel.

Le combat symptomatique
La pensée progressiste moderne nous tient en son pouvoir. Qui en appelle à la décroissance est regardé avec dédain. Comme le cycliste qui met en danger sa propre vie au feu rouge estime seulement au moment même la vitesse à tenir, nous voulons aussi, d’un point de vue économique, ne baisser que temporairement l’allure. L’unique concession que nous faisons est la pollution de notre espace de bien-être, car la continuité de ce bien-être en dépend. Même le Traité de Kyoto n’est rien de plus qu’une solution minimaliste. Le développement durable est toujours soumis à la croissance. Celle-ci a même priorité sur la liberté de l’individu.
Il est intéressant de voir comment, d’un point de vue gouvernemental, le sujet de la surpopulation est ignoré. En revanche, aux Pays-Bas, toutes sortes de mesures sont prises ou présentées, qui aident pour le moins à combattre les symptômes du surpeuplement. Par exemple, les tours-appartements, les tunnels, les métros et les élevages en batteries, les élevages de porcs, l’organisation de la répartition des vacances, la pose de parcmètres, l’agencement de bandes de circulation. Toutes mesures qui sont une réaction au problème découlant d’une trop grande densité de population. Mais d’après le CDA, il n’y a pas trop de personnes, mais pas assez de terrain. Donc, selon eux, il faut encore faire des polders.
Les plans pour une prochaine série d’expéditions coloniales ou impérialistes, cette fois vraisemblablement vers d’autres planètes, reçoivent temporairement la préférence plutôt qu’une politique mondiale de population.

On ne peut plus fuir !
Au XXIe siècle, beaucoup d’yeux sont dirigés vers un élargissement mondial de la démocratie comme moyen politique miracle. Des pays ayant une longue histoire parlementaire laissent pourtant apparaître des partis politiques qui préfèrent se battre entre eux pour leur propre compte, pour séduire l’électeur. Le seul piège pour les hommes politiques reste la concurrence avec leurs adversaires politiques dans les plus belles promesses sur plus de bien-être sans prix à payer. Un message désagréable porté à propos d’une diminution du bien-être est un suicide politique. Les vraies mesures écologiques restent sur le carreau, car elles ne bénéficient que de peu de sympathie de la part de la plupart des électeurs. Le libre choix à propos des enfants est un sujet sacré chez nous. La politique chinoise d’un seul enfant par famille nous semble barbare, car nous sommes trop individualistes à ce sujet. Il est aussi intéressant de voir que les gens sont pourtant prêts à offrir leur liberté au nom du terrorisme qui menace leur bien-être, mais, clairement, ne peuvent pas partager leur bien-être en paix.
La démocratie est devenue l’enjeu d’intérêts. Le débat dans les enceintes parlementaires n’est plus un débat aussi longtemps que la majorité parlementaire accidentelle a a priori raison du fait de son nombre de sièges. Cela ressemble un peu à « qui conduit le plus durement a priorité ». La démocratie est de plus en plus un moyen pour pouvoir s’accrocher à des droits acquis. C’est une forme de sens commun sur l’illusion du jour et cela n’a pas grand-chose à voir avec une société de développement durable à long terme.
Les sociétés ont trouvé dans le passé toutes sortes de solutions à leurs problèmes pour survivre. On retrouve cela dans les structures et les institutions qui rendent leur fonctionnement possible. Mais cela mène à terme à une existence autonome et dégénère en tabous qui ne sont pas discutables. L’homme est donc devenu prisonnier de ses propres créations et de ses propres traditions. C’est ainsi que la croissance économique a toujours été la solution pour combattre la pauvreté. Les allocations familiales étaient destinées à assurer la scolarisation des enfants pauvres. Les travaux du plan Delta devaient contenir la mer. Mais les hommes politiques refusent maintenant de reconnaître que les brillantes solutions d’alors sont moins bien conçues pour nos problèmes actuels.
Cette conduite en pilotage automatique naît de la hâte, du manque d'intérêt, de la bêtise, de la peur ou de l’exubérance du pouvoir. De cette manière, les solutions d’apparence permanente sont présentées comme de vraies solutions. Du côté de nos élites politiques, il n’y aucune justification solide à opposer. Et l’on ne sera pas plus avancé avec une ville en bord de mer, la répartition des vacances, le rehaussement des digues, les parcmètres, le télépéage et les constructions en hauteur. Ces mesures nous séduisent seulement pour les choix fondamentaux qu’elles font pour nous. Les épaules les plus fortes doivent naturellement porter les plus lourdes charges. Mais sur la voie déjà tracée, il n’y a pas non plus de solution durable. Le seul choix que nous avons encore est de ne plus écarter de notre route les choix fondamentaux.

ANNEXE AVEC TABLEAU

Relation entre l’empreinte et la densité de la population des pays de l’Union européenne

1.
Pays

2.
Empreinte
actuelle

3.
Empreinte
durable

4.
Densité de
population
actuelle

5.
Densité de
population
durable

6.
Population
actuelle

7.
Population
durable

8.
Surface
(x 1000 km²)

Belgique / Luxembourg

6,72

1,13

326

55

10,4

1,7

34

Danemark

0,58

3,24

125

62

5,4

2,7

43

Duitsland

4,71

1,74

231

85

82,5

30,5

357

Estonie

4,94

4,15

30

25

1,4

1,2

45

Finlande

8,42

8,61

22

22

8,9

9,1

305

France

5,26

2,88

110

60

59,6

32,6

544

Grèce

5,09

2,34

84

39

11,0

5,1

132

Hongrie

3,08

1,75

109

62

10,1

5,7

93

Irlande

5,33

6,14

56

65

4,0

4,6

70

Italie

3,84

1,18

190

58

57,3

17,6

301

Lettonie

3,43

3,02

36

32

2,3

2,0

64

Lituanie

3,07

3,02

53

52

3,5

3,4

65

Pays-Bas

4,81

0,79

478

79

16,2

2,7

34

Autriche

4,73

2,78

96

56

8,1

4,8

84

Pologne

3,70

1,63

122

54

38,2

16,8

312

Portugal

4,47

1,60

113

40

10,4

3,7

92

Slovénie

3,58

2,24

98

61

2,0

1,3

20

Slovaquie

3,44

2,35

110

75

5,4

3,7

49

Espagne

4,66

1,79

81

31

40,7

15,6

505

Tchéquie

4,82

2,32

129

62

10,2

4,9

79

Royaume-Uni

5,35

1,64

243

74

59,3

18,2

244

Suède

6,73

7,34

22

24

8,9

9,7

411

Union européenne

 

 

117

51

455,8

197,6

3883

Source : Living Planet Report, WWF, Suisse, 2002.

Renseignements sur le tableau :

Il n’y a pas de données connues pour Malte et Chypre.

Les moyennes de 117 et 51 sous les colonnes de densité de population sont calculées sur la base d’une surface totale de 3,883 millions de km2. Cela s’appelle une moyenne pondérée.

Dans la colonne 2, avec l’empreinte actuelle, se trouve le nombre d’hectares sur lequel un habitant dans le pays concerné pèse de par sa consommation réelle. Une relation claire ressort entre le bien-être et la consommation. Ce qui ne ressort pas du tableau, c’est qu’un pays donné a plus de possibilités pour entretenir sa propre consommation par rapport à un autre. Il y a cependant des différences entre les pays dans la quantité et la qualité du sol cultivable, des bois, des pêcheries, etc.

En colonne 3, avec l’empreinte durable, le nombre d’hectares par personne sur lequel la population actuelle peut rester maintenue est cité sans que le capital de la terre et les ressources ne soient entamés par la suite. Dans le cas de pays comme la Finlande, l’Irlande et la Lituanie, la différence entre l’empreinte actuelle et l’empreinte durable est faible. Il s’agit de pays peu peuplés, avec une grande surface cultivable, qui est en outre de bonne qualité.

En colonne 4, avec la densité de population actuelle (nombre d’habitants par km2) se trouvent les chiffres de la population au 1er janvier 2003. Ceux-ci sont repris de la brochure Principaux faits et chiffres à propos de l’Union européenne, 2004.

En colonne 5, avec la densité de population durable (nombre d’habitants par km2) se trouvent les données calculées sur la base des chiffres de la colonne de l’empreinte durable.

En colonne 6, avec la Population actuelle (en millions), se trouvent les chiffres de la population au 1er janvier 2003. Ceux-ci sont repris de la brochure Principaux faits et chiffres à propos de l’Union européenne, 2004.

pour la colonne 7,
En colonne 7, avec la Population durable (en millions) se trouvent les données qui sont apparues sur la base des chiffres de la colonne de l’empreinte durable et de la densité de population durable.

Points de départ du rapport « Living Planet Report »
Le « Living Planet Report » est un projet sur plusieurs années qui se déroule sous l’égide du WWF (World Wildlife Fund) International. C’est une organisation avec cinq millions de donateurs qui est active dans 90 pays. Le WWF a pour mission l’arrêt du déclin du milieu naturel de la planète et la mise en place d’une vie en symbiose durable de l’homme et de la nature. Les principaux buts pour atteindre cela sont le maintien de la diversité écologique de la planète, le maintien en l’état des ressources naturelles renouvelables et la limitation de la pollution et du gaspillage. Les données du rapport sont établies en collaboration avec des organisations telles que la FAO, l’IPCC, l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la Commission européenne et l’IVEM à Groningen. Matthis Wackernagel a collaboré aux calculs de l’empreinte et au texte des scénarios et des options politiques.

Comment l’empreinte est-elle calculée ?
L’empreinte d’un pays indique la surface nécessaire pour produire tout ce qui est utilisé par ce pays en nourriture, matières premières, énergie, etc. C’est en quelque sorte cette part du monde qui est exigée par la consommation de ce pays. L’empreinte par pays est une somme de parties. Ces parties sont les suivantes : agriculture, prairies, bois, pêcheries, énergie, terrain bâti. La somme de ces « parties d’empreinte » représente l’empreinte écologique totale.

Nombre d’habitants aux Pays-Bas en millions échelle de temps

Population mondiale en milliards d’unités échelle de temps
 
In Civis Mundi 2008

World population