Overpopulation Awareness is the website of Fondation Le Club des Dix Millions

Slide background
Slide background
Slide background
Slide background
Slide background
Slide background
Slide background
Slide background
Slide background
Slide background
Slide background
Slide background
vendredi, 05 mars 2010 15:12

Il faut se décider

Paul Gerbrands, dans « Over Bevolking », Cahiers de la Fondation Bio-Wetenschappen en Maatschappij, 2008

La surpopulation n’est pas simplement le fait qu’il y ait trop de gens, mais l’association d’un certain nombre d’êtres humains et de leurs sollicitations vis-à-vis de leur environnement, leur bien-être. La terre se dirige vers les dix milliards d’habitants,

alors qu’une grande partie d’entre eux vit dans la pauvreté. Les richesses sont injustement réparties et la surpopulation de la planète semble inévitable. À moins de faire rapidement le choix : plus d’êtres humains et moins de prospérité, ou l’inverse.

Dix milliards d’habitants, c’est trop pour la terre !
La terre s’achemine rapidement vers les dix milliards d’habitants. Mais on se demande si la terre sera surpeuplée avec un tel chiffre. Dans le règne animal, le surpeuplement signifie le départ d’une partie des animaux, ou la découverte d’une « niche » adaptée. Un manque de nourriture, d’eau, ou la survenance d’une épidémie réduisent aussi le nombre d’individus, tendant vers l’équilibre avec les ressources naturelles. On peut citer comme exemple certaines espèces d’oiseaux, qui pondent moins d’œufs lors d’un manque de nourriture. Il y a même des espèces au sein desquelles les jeunes individus tuent leur fratrie plus jeune afin de survivre eux-mêmes. Et les animaux grégaires, comme les cerfs, ne se reproduisent plus tant qu’un hiver rude ou un été sec n’ont pas éclairci leurs rangs. Bien que certains partisans d’un parallélisme entre l’homme et la nature croient aussi discerner ces phénomènes dans la race humaine, la réalité est plus nuancée. Le cannibalisme, par exemple, n’a rien à voir avec la surpopulation, et les régions surpeuplées se caractérisent plutôt par un fort taux de natalité que par une baisse des naissances.

Intellect
Les humains ont en principe plus de facultés intellectuelles que les animaux, bien que la façon dont ils les utilisent puisse se discuter. De ce fait, l’homme dispose de plus d’outils et de possibilités pour influencer son environnement. Lorsqu’il y a surpopulation, l’homme dépasse les limites de cet environnement et se met rationnellement en quête de nouvelles opportunités pour que le plus grand nombre puisse continuer à vivre heureux en toute impunité, et avec si possible le maintien de son bien-être. Il aime par-dessus tout dominer la nature. Tout a un jour commencé avec les premières cultures et la domestication des animaux, la création de champs, la construction de villes, l’assèchement des zones humides, la construction de digues et de canaux pour l’irrigation de ces champs, et l’approvisionnement en eau potable. Cela se termine par l’introduction d’engrais chimiques et de pesticides, la production et le stockage centraux de l’énergie, et l’intervention dans la génétique afin de pouvoir produire de la viande et des végétaux alimentaires avec plus de profit.

Dans sa relation avec la nature, l’homme semble triplement aveugle. Aveugle dans son désir d’avoir toujours plus, aveugle quant à une éventuelle limite à la croissance et aveugle dans sa confiance dans les progrès de la science et des techniques pour résoudre tous les problèmes. Le démographe et économiste britannique Thomas Malthus (1766-1834) prédisait déjà à la fin du XVIIIe siècle que la croissance de la population allait se confondre avec la croissance économique, ce qui engendrerait des famines à grande échelle. Il introduisit le plafond malthusien, c’est-à-dire la taille maximum qu’une population peut atteindre en fonction de la surface disponible, et la catastrophe malthusienne, dans laquelle la surpopulation tend à s’équilibrer par une mortalité plus forte. En effet, certaines découvertes scientifiques et techniques – par lesquelles l’homme est devenu moins dépendant du sol – ont régulièrement porté le plafond malthusien à la hausse. Et la catastrophe malthusienne s’est aussi fait attendre. Mais la science et la technique n’ont jusqu’à présent pas pu éviter que près d’un tiers des habitants de la planète sont sous-alimentés ou vivent dans la pauvreté. Il est évident qu’une petite partie des êtres humains possèdent ce qu’il y a de meilleur au détriment de la plus grande partie des autres.

Empreinte et partage équitable de la Terre
Les écologistes modernes parlent ici d’une « empreinte écologique » très disparate. Une notion connexe est celle de « partage équitable de la Terre ». Si tout l’espace disponible sur Terre était réparti entre tous les individus et que la nature recevait l’espace nécessaire à son auto régénération, chaque habitant aurait droit à une moyenne de 1,8 hectare. Ce équitable de la Terre » comprend l’espace nécessaire à la conservation de la biodiversité mondiale. Bien que des critiques puissent être émises à propos de diverses notions et des méthodes de calcul, il est clair que la répartition des richesses naturelles entre les citoyens du monde est très inégale. Un citoyen des Pays-Bas utilise en moyenne 4,4 hectares au lieu du 1,8 hectare auquel il a droit (voir tableau). Les habitants de l’Inde ou du Kenya ont une empreinte de 0,8 hectare, les Chinois, le double, et les citoyens des États-Unis s’approprient 9,6 hectares. Avec leurs 11,9 hectares, les habitants des Émirats arabes unis vivent sur le plus grand pied. Les perspectives ne s’amélioreront pas si les actuels 6,5 milliards d’êtres humains se multiplient durant ce siècle jusqu’à environ dix milliards. Et la réduction de l’espace disponible dû à la montée des eaux ne peut que diminuer encore le nombre d’hectares disponibles par habitant.

Les termes « surpopulation » et « rempli » ne sont pas simplement que l’expression de sentiments subjectifs, par exemple comme lorsqu’une telle personne préfère les plages vides, alors que l’autre ne jure que par celles où l’huile solaire coule à flots. Le concept est quantifiable et est d’une réalité menaçante. Supposons par exemple que les six milliards d’individus composant la population mondiale voudraient avoir le même niveau de vie et le même modèle de consommation que les Pays-Bas. Il n’y a là, en effet, rien de déraisonnable, car chacun souhaite disposer de la même surface habitable, avoir une auto, utiliser l’énergie, goûter de la nourriture exotique, partir en vacances en avion, profiter de biens luxueux... comme dans ce pays. Avec comme conséquence la même production de déchets, le gaspillage et la pollution. Et il ne faudrait plus 11,8 milliards d’hectares de surface biologique productive, mais bien près de 30 milliards d’hectares. Une impossibilité, car la surface totale de la terre, non compris les océans, ne compte que « seulement » 15 milliards d’hectares, dont environ 4 milliards sont stériles. Il manquerait de tout, et les conflits et les guerres éclateraient. C’est pourquoi la surpopulation n’est pas un vague concept subjectif de plus, pas plus qu’un sentiment imprécis, mais une réelle menace pour l’existence.

Problème écologique
La surpopulation est un problème écologique. La surpopulation naît si la mainmise qu’une population fait sur les ressources naturelles dépasse les possibilités du système. La surpopulation est donc aussi le produit du nombre d’individus et de la mainmise qu’ils font sur leur environnement ; pour faire simple : le niveau de bien-être. S’il y avait, par exemple, moins d’habitants aux Pays-Bas et qu’ils avaient tous des exigences de bien-être moindres, ce nombre plus restreint de personnes devrait moins faire appel aux autres parties du monde. Cela signifierait une amélioration de la qualité de vie pour des individus plus pauvres ailleurs dans le monde. Ainsi présentés, les Pays-Bas sont donc surpeuplés. Ce n’est pas un sujet de discussion pour la plupart des habitants de l’un des plus peuplés et des plus riches pays du monde. La plupart des gens ne réalisent pas cette situation, et la réalité est, pour paraphraser Al Gore, « une vérité qui dérange », car une telle discussion nous forcerait trop à regarder cette réalité en face. Ainsi, par rapport, par exemple, à l’Éthiope, les Pays-Bas pèsent d’un poids beaucoup plus lourd sur la capacité écologique de la terre. Les 60 millions d’Éthiopiens n’utilisent encore qu’une fraction de la nourriture et de l’énergie que les 16 millions de Néerlandais consomment chaque année. Cela n’étonnera donc personne si l’on dit que l’empreinte écologique d’un habitant des Pays-Bas est considérablement plus grande que celle de l’Éthiopien moyen. Plus élevé est le nombre d’habitants d’un pays et plus haut est son niveau de consommation, plus grands seront ses besoins en nourriture, énergie et eau, donc en surface écologique. (Cependant, l’extrême pauvreté conduit aussi vers une plus grande empreinte, car une population pauvre manque de moyens financiers et techniques pour tenir compte du milieu, ce qui augmente la pollution, l’érosion et la perte de biodiversité.) Au fur et à mesure que de plus en plus de pays atteignent le même niveau de vie, un problème insoluble se fait jour à la longue. Il faut alors choisir : ou c’est le niveau de vie qui diminue, ou le nombre d’habitants. Il est déjà assez grave que l’empreinte écologique moyenne des habitants des Pays-Bas soit bien plus grande que celle qu’il leur est permis d’avoir. Il est encore plus grave que la plus grande partie de cette empreinte de 4,4 hectares soit située à l’étranger, car étant très peuplés, les Pays-Bas ne disposent que d’un quart d’hectare pour chaque habitant.

Problème énergétique
La surpopulation est aussi un problème énergétique. D’après les prévisions, les réserves de carburant d’origine fossile seront pour la plus grande partie épuisées d’ici quelques décennies. Déjà maintenant, leur disponibilité se réduit et leur prix augmente lors d’événements géopolitiques comme la guerre en Irak, pays riche en pétrole. Si la consommation d’énergie des Pays-Bas reste au niveau actuel, ou même augmente, des problèmes surgiront. Les Pays-Bas ne pourraient-ils pas compter sur leur propre énergie, par exemple les sources d’énergie alternatives ? C’est difficile pour le moment. Pour remplacer toute l’énergie nécessaire à la société néerlandaise par le vent et le soleil, il faudrait encore plusieurs centaines de milliers d’éoliennes, ou que le tiers du territoire soit rempli de cellules photovoltaïques. De très grandes parties de nos terres cultivables pourraient être ensemencées avec du carex à croissance rapide ou d’autres végétaux destinés à produire de l’énergie par la biomasse. Tout cela obérerait sérieusement la superficie des terres cultivables, déjà si maigre aux Pays-Bas. Une crise alimentaire s’ensuivrait sans aucun doute. L’énergie nucléaire est encore une possibilité, car  il y des réserves de matière fissile pour au moins un siècle, mais pas aux Pays-Bas. La contribution à la réduction des gaz à effet de serre serait élevée, mais nous laisserions les déchets radioactifs à notre descendance. Des économies drastiques sur l’actuelle consommation d’énergie pourraient être effectuées, mais des résultats significatifs ne doivent pas être attendus à court terme. Et certainement pas si les politiciens et les économistes continuent à présenter la croissance économique comme la condition indispensable au développement futur.

Problèmes de nourriture et d’eau
La surpopulation implique aussi le problème de la disponibilité de l’eau et de la nourriture. La demande mondiale d’eau croît constamment. L’agriculture, principalement, mais aussi l’industrie et les besoins ménagers exigent une quantité d’eau toujours plus grande. De nombreux pays font face à une pénurie d’eau. Et ce, tant du point de vue quantitatif (trop peu d’eau) que qualitatif (insuffisance d’eau potable). Il est évident qu’un manque d’eau entraîne son cortège de mauvaises récoltes, de famines, de flots de réfugiés, de conflits ethniques, de maladies infectieuses et d’autres problèmes de santé. L’eau et la nourriture sont toujours la première forme d’aide offerte aux populations affectées par les catastrophes naturelles ou les guerres. Mais ni sur le long terme, ni structurellement, cela ne change fondamentalement les conditions de vie de la population.

La communauté internationale peut se consulter sur la teneur morale de cette approche purement occasionnelle. D’un côté, les gens sont aidés, à bon droit, et l’espoir d’un (meilleur) avenir est donné. De l’autre côté, la communauté internationale a peu de véritables moyens pour alléger structurellement la détresse des populations concernées. La volonté politique et économique manque souvent pour créer une paix effective entre les différentes cultures d’une région déchirée par les conflits. Il n’est pas rare que par le passé, des conflits ont été ravivés par le monde industrialisé lui-même afin de protéger ses propres intérêts géopolitiques. On peut citer, par exemple, le conflit israélo-palestinien au Proche-Orient, la guérilla en Afghanistan, la guerre Iran-Irak, ainsi que la situation de crise actuelle en Irak, et les nombreux foyers de troubles en Afrique, où les gouvernements locaux, seigneurs de guerre et différents clans ont été alternativement soutenus par les grandes puissances.

Ensuite, il y peu de choses qui sont structurellement entreprises pour ouvrir le marché (international) aux pays pauvres et aux producteurs de ces pays. Les pays riches ne prennent le plus souvent pas de mesures externes, comme la réduction des règles protectionnistes du côté des pays industriels, la lutte contre le « dumping » de produits bon marché ou périmés vers les pays pauvres, la protection du prix des matières premières ou la cessation de la vente d’armes aux régimes endettés ou dans les régions instables, car elles entameraient concrètement leur tissu économique. Cela vaut aussi pour la diminution de leur propre empreinte écologique au bénéfice de celle de la population des pays pauvres. On ne touche pas à son propre bien-être, même pas pour améliorer un peu les conditions de vie de base, et bien souvent insuffisantes, des pays les plus pauvres. Et cela, malgré que l’histoire montre que le bien-être ralentit en fin de compte l’élan de la population.

Problèmes scientifiques et technologiques
Il est possible que la science et la technique puissent offrir des solutions durables à un monde qui comptera dix à onze milliards d’individus à la fin du XXIe siècle. Cela nous ramène au fait que la surpopulation est aussi un problème technique. C’est surtout parmi les scientifiques techniques qu’il y a une croyance profonde dans le progrès de l’humanité. C’est ainsi qu’il y a un argument contre la catastrophe malthusienne citée plus haut, disant que s’il y a un surplus d’êtres humains, il y aura aussi un surplus de matière grise et de créativité qui engendrera de nouvelles solutions. La catastrophe annoncée s’est jusqu’à présent fait attendre, et le plafond malthusien a plusieurs fois été relevé. Entre autres par l’invention de la machine à vapeur et les progrès de l’agriculture qui ont rendu plus favorable la relation entre la taille de la population et la surface cultivable qui lui est nécessaire. La Révolution verte, qui a amélioré le rendement des végétaux alimentaires par des méthodes de culture rationnelles, est une des solutions que la science a apportées pour combattre la disette et la pauvreté. Et il y a encore d’autres pistes scientifiques et technologiques qui peuvent mener vers des solutions pour contrer la pauvreté mondiale vers laquelle nous nous dirigeons.

Malheureusement, la réalité est plus revêche. Tous les scénarios imaginés pour éviter une catastrophe à l’échelle mondiale relèvent encore du domaine de la science-fiction. En théorie, ils sont possibles, mais les obstacles politiques, financiers et pratiques ainsi que l’insécurité sont si importants qu’ils ne pourront pas – en tout cas, pas à temps – être menés à bien. La fusion nucléaire sans risque, par exemple, est une solution si éloignée dans le temps pour les problèmes d’énergie. Malgré des décennies de recherches et des investissements onéreux, la fusion nucléaire est loin d’être en phase d’application, et l’opinion publique des pays européens commence à se montrer critique vis-à-vis de ce type de centrales. Et c’est la même chose pour d’autres solutions technologiques à de nombreux problèmes, qui portent en eux l’association d’un grand bien-être et de plusieurs milliards d’êtres humains. Il est certain que la science et la technologie pourront développer les ressources naturelles de la terre et diminuer la charge que la population sans cesse croissante exerce sur elles. Mais le rythme observé par le passé fait peser des doutes quant à savoir si l’introduction de ces nouvelles technologies à l’échelon planétaire se fera à temps.

Problèmes politiques
Par principe, des pays tels que la Chine et l’Inde, ainsi que tous les pays « sous-développés » ont droit à autant de bien-être, d’enseignement, de soins de santé et de biens de consommation que les pays occidentaux. Si nous partons du principe de l’empreinte écologique et que nous voulions tous vivre comme un citoyen nord-américain moyen, qui nécessite 9,4 hectares de sol biologiquement productif, il n’y aurait place sur terre que pour 1,25 milliard d’êtres humains. Si nous nous en tenons au niveau de bien-être d’un habitant moyen des Pays-Bas, 2,7 milliards d’habitants semblent la limite. Il est évident qu’à ce moment, la terre ne peut supporter une population mondiale de six milliards d’individus ayant le niveau de vie des pays les plus développés. Alors, il n’y a que deux solutions pour l’avenir : plus de pauvreté avec un grand nombre de personnes ou plus de bien-être avec moins de personnes.

La surpopulation est donc surtout un problème politique. Pour cette raison, il faut pouvoir discuter ouvertement des conséquences du produit actuel du bien-être et de la population, d’où il résulte que le résultat est trop grand pour les ressources actuelles de la terre. Ceci n’est pourtant pas ressenti comme une urgence (politique). La plupart des gens ne se sentent de toute évidence pas concernés par la catastrophe imminente qui sera engendrée par la surpopulation. Pourtant, la question ne peut plus être perdue de vue par les instances politiques, et le choix doit être fait maintenant. Car si l’on choisit, par exemple aux Pays-Bas, pour la réduction du bien-être ou pour celle de la population, les effets n’en seront seulement perceptibles qu’après quelques décennies. Si nous tergiversons encore, les générations futures nous condamneront pour n’avoir pas décidé.

Les malthusiens et le « Club des Dix Millions »

Le démographe et économiste britannique Thomas Robert Malthus (1766-1834) prédit, à la lisière des XVIIe et XVIIIe siècles, que la croissance de la population irait plus vite que celle de la production alimentaire et que cela amènerait des famines. Lorsque la population atteint un certain plafond, une catastrophe se produit, car la surpopulation induit une mortalité plus forte – par la faim et la maladie – pour revenir à l’équilibre avec les ressources naturelles. Seuls les moyens contraceptifs et l’avortement pourraient prévenir un désastre, mais Malthus, lui-même anglican et prédicateur, était farouchement adversaire de ces méthodes. Malthus et ses partisans se sont surtout occupés des comportements licencieux des ouvriers et des pauvres. Malthus était intimement convaincu qu’une augmentation du bien-être stimulait la croissance de la population. Le contraire est aussi vrai. Plus il y a de bien-être, moins il y a d’enfants. Les néo-malthusiens sont moins pessimistes à propos de la croissance de la population et du bien-être, mais affirment que les ressources de la terre opposent des limites naturelles à la croissance de la population. Les néo-malthusiens voient explicitement un rôle pour la technologie dans l’évitement de la catastrophe malthusienne. Grâce au développement de la technologie, le sol peut être utilisé de manière plus efficace. Les techno-optimistes et les techno-pessimistes divergent d’opinion quant au point de savoir si le progrès technologique pourra détourner une catastrophe des dix milliards d’êtres humains. En tout cas, il est acquis que l’information à propos des moyens de contraception, et surtout de leur usage, est un puissant moyen pour reporter une telle catastrophe, ou même de la prévenir.

Aux Pays-Bas, la Fondation « De Club van Tien Miljoen » (CvTM) a repris en 1994 la relève des malthusiens et du Club de Rome, qui avait prédit dès les années 1970 un désastre écologique causé, entre autres, par la surpopulation, le bien-être, le gaspillage et la pollution. Ce club, qui plaide pour que la population maximale des Pays-Bas soit de dix millions d’individus, ne veut en aucune manière être associé avec une politique raciale ou une restriction imposée du nombre d’enfants. CvTM plaide toutefois pour une politique de l’État qui, à la longue, puisse mener au nombre idéal d’habitants (dix millions) que les Pays-Bas sont en mesure d’accueillir. De forts incitants (financiers) pour réduire le nombre d’enfants et limiter les flux migratoires ne pourront être évités si la seule information est insuffisante (www.overbevolking.nl).

Tableau 1
Le Living Planet Report de 2006 donne les chiffres suivants pour l’empreinte moyenne par habitant (pour 2003)
Continents
Pays
Amérique du Nord
9,4 hectares
Émirats arabes unis
11,9 hectares
Union européenne
4,8 hectares
États-Unis
9,6 hectares
Europe (hors U.E.)
3,8 hectares
Belgique et Luxembourg
5,6 hectares
Monde
2,23 hectares
Pays-Bas
4,4 hectares
Moyen-Orient et Asie centrale
2,2 hectares
Hongrie
3,5 hectares
Amérique latine et Caraïbes
2,0 hectares
Turquie
2,1 hectares
Biocapacité disponible
1,8 hectare
Brésil
2,1 hectares
Asie (océan Pacifique)
1,3 hectare
Algérie
1,6 hectare
Afrique
1,1 hectare
Chine
1,6 hectare
 
 
Kenya
0,8 hectare
 
 
Inde
0,8 hectare
 
2009
 

World population